Tirage de Terre Sans Frontières le 3 décembre 2020

Campagne de solidarité 2020

L’AQANU s’associe pour une 12e fois consécutive au tirage de Terre Sans Frontières. En y participant vous appuyez l’AQANU. Le coût du billet est de 150$. L’AQANU recevra 70 $ pour chaque billet vendu dans son réseau. C’est ainsi que pour les onze tirages précédents, l’AQANU a pu bénéficier de 4 760 $ qui ont été affectés à son fonctionnement. Un grand merci aux personnes qui ont déjà participé. Un seul tirage par année.

DEUX PRIX FORMIDABLES
1. 100 000$ en argent.
2. Voyage découverte pour 2 personnes en Tanzanie ou en Bolivie (au choix
du gagnant). Valeur de 15 000 $ ou 10 000 $ en argent.
Le tirage aura lieu le 3 décembre 2020. C’est facile de participer. Achetez
votre billet :

En ligne
: https://www.jedonneenligne.org/terresansfrontieres/VIVRETSF/

À la question « Souhaitez-vous appuyer un partenaire en particulier ?»,
choisissez « AQANU »

Par téléphone : 1 877 873-2433 en spécifiant que vous appuyez l’AQANU.

Seulement 2000 billets disponibles. La participation au tirage n’est pas
éligible à un reçu pour fins d’impôt.

Pour informations supplémentaires : Grégoire Ruel, 819 561-0965

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Offre de café de très haute gamme

Gertha Decoste

Notre collègue Gertha Decoste est maintenant en mesure de vous offrir du café de très haute gamme en provenance d’Haïti.

Il se détaille au coût de 15,00 $ le 250 gr. Il s’agit de trois catégories différentes de café : le Typica, l’Haïtian Blue et le Vaudou.
Le Typica est le plus corsé, l’Haitian blue est plus léger et le Vaudou est un mélange des deux. Vous pourrez l’avoir en grain ou moulu. Il s’agit de café équitable et écologique. Son exploitation contribue au plus haut point au reboisement des ravines dénudées dans le nord de ce pays. Pour en commander, il s’agit de communiquer avec elle par courriel à janvig@gmail.com ou par téléphone : 613-263-2212.

Un reçu pour fins d’impôt vous sera remis avec l’achat de quatre sacs ou plus : c’est-à-dire vingt dollars et plus en reçus à mesure que vous en achèterez. Offrez le en cadeau aux êtres qui vous sont chers. Les profits avec la vente de ce café serviront à financer des projets de développement auprès des jeunes de Corail en Haïti.

Des efforts sont particulièrement fournis là-bas pour qu’ils aient accès à la scolarité. Accordez vous cette petite fantaisie et tout le monde s’en portera un peu mieux.

Pierre Gosselin

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La façon de “redonner” de Richardson Eugène

Né à Hinche en Haïti, Richardson Eugène vit et travaille au Québec depuis 2009. Agronome résidant à Victoriaville, il a accepté de joindre à nouveau le conseil d’administration de l’AQANU afin de s’engager, entre autres, au comité de projets. «C’est la seule façon pour moi de redonner, parce qu’en Haïti ça va pas ben!», lâche-t-il.

Du comité AQANU-Bois-Francs, Richardson Eugène fait partie du conseil d’administration de l’AQANU. (Photo : Hélène Ruel)

Pour mettre en contexte l’engagement de Richardson à «redonner» nous incite à camper les étapes de son parcours l’ayant mené de sa campagne haïtienne, à Cuba, puis en Espagne et enfin au Canada.

Il rit – et Richardson rit souvent – lorsqu’on lui demande ce qu’il comptait faire de sa vie lorsqu’il était enfant. La question ne se posait pas en Haïti, le métier de conseiller en orientation n’existant pas. «En Haïti, on ne peut pas dire comme au Québec qu’on a toujours le choix!»

«Avais-je le talent ou le profil pour des carrières comme le génie ou l’agronomie?» Devait-il se destiner, comme son père, à une carrière militaire? Ces questions, il les a posées… en son for intérieur.

L’attrait de l’ailleurs

Richardson entretenait toutefois un rêve, celui d’aller étudier à l’étranger. Il se sentait attiré par l’«ailleurs».

Et c’est d’abord à Cuba, grâce à l’octroi d’une bourse d’études de la CRESFED qu’il a pu se lancer dans des études universitaires en agronomie, ayant achevé une première année universitaire en géologie à l’École de géologie appliquée d’Haïti.

Pourquoi l’agronomie? Parce qu’il y avait des possibilités d’emploi en Haïti, répond Richardson, pragmatique.

Il faut imaginer les six années (de 1998 à 2004) qu’il a passées à Cuba, étudiant la botanique, la biologie, la chimie, la physique… en espagnol. «J’avais une base», rappelle-t-il.

Tout au long de ses études universitaires, Richardson revient en Haïti pour ses vacances, enseignant l’espagnol à Port-au-Prince. Il décroche aussi un contrat comme conseiller au ministère haïtien de l’Agriculture. L’insécurité gagnant la capitale, il retourne dans son patelin, à Hinche et y enseigne l’espagnol.

Sa feuille de route, bien qu’impressionnante – il finit troisième de sa promotion – ne lui permet pas de décrocher des emplois qui le comblent. «Je ne me sentais plus à ma place.»

Au moment où il devait commencer à travailler pour Helvetas, un cyclone balayait ses aspirations, l’organisation de développement suisse devant concentrer ses efforts à venir en aide aux sinistrés.

L’«attrait de l’ailleurs» clignote toujours dans l’horizon de Richardson. «J’avais l’impression que je ne faisais que des jobines. Je voulais me former davantage. J’avais la piqûre de l’environnement. J’avais envisagé d’aller étudier en agroforesterie à l’Université Laval, mais il n’y avait plus de bourses.»

Il s’inscrit à la maîtrise en aménagement du territoire à Huelva en Espagne et, de retour en Haïti après quatre mois de cours intensifs, il apprend que l’Agence espagnole de coopération internationale et du développement l’a sélectionné pour l’octroi d’une bourse. Celle-ci lui permettra, d’août 2006 à avril 2009, de se doter d’une maîtrise en aménagement du territoire et d’un diplôme d’études avancées en environnement et développement durable.

Ses deux années de frustrations en Haïti et son esprit d’aventure lui font par la suite lorgner le Canada comme destination. Pour vivre en français et parce que, davantage qu’en Haïti, il devrait y avoir du travail pour lui. «J’étais prêt à faire n’importe quoi!», se souvient-il. Et c’est un peu ce qui l’attendait, pour quelques années du moins. Question de se bâtir un capital de «confiance».

Vaillance et persévérance

Il réorganise son curriculum vitae selon la «méthode québécoise», réside chez une famille haïtienne à Montréal, s’inscrit à Carrefour Blé… et accepte les boulots qui s’offrent à lui, même vendre des cartes de crédit ou travailler comme ouvrier agricole.

L’Ordre des agronomes l’admet dans ses rangs en 2010 et le gouvernement canadien lui octroie sa citoyenneté quatre ans plus tard.

À partir de 2010, il travaille comme conseiller en agroenvironnement à Saint-Hyacinthe et à Laurierville avant de s’établir à Victoriaville en 2012, oeuvrant à la Coop des Bois-Francs. Depuis novembre 2019, il occupe le poste de chef de produits des cultures céréalières et fourragères chez William Houde.

C’est à Victoriaville, dans le tout petit restaurant haïtien (malheureusement fermé) de Kettly Emmanuel (elle-même d’origine haïtienne) que Ricardo Dorcal et Réginald Sorel, deux membres de l’AQANU repèrent… et recrutent Richardson.

Il accepte de se joindre au comité AQANU-Bois-Francs. «Si des Québécois s’impliquent en Haïti, s’est-il dit, il me fallait le faire aussi, en tant que personne d’origine haïtienne.»

Ayant une «certaine connaissance du terrain», comme il le dit modestement, des amis et des contacts en Haïti, il adhère à l’AQANU pour son côté social, une façon d’accentuer son intégration au Québec. «Et en région, peu d’organisations s’impliquent en Haïti comme l’AQANU.»

Il comprend que des Québécois d’origine haïtienne ne s’intéressent plus à Haïti, entretiennent d’ailleurs de la méfiance à l’égard de leur pays d’origine. L’engagement pour la cause haïtienne doit venir du cœur, poursuit-il. Richardson Eugène a choisi de participer, de loin, au développement du pays de ses racines.

Hélène Ruel

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La COVID-19 aura eu le dernier mot

Malgré les directives de la Santé publique et toutes les mesures mises en place par le comité organisateur du quillethon, force est de constater que la COVID-19 aura eu le dernier mot. Afin d’assurer la santé et la sécurité des participants/es, il a été décidé d’annuler cette activité de financement pour l’année 2020.

L’AQANU-Montréal a dû annuler son quillethon 2020. (Photo AQANU-Montréal)

 

Normalement, les profits du quillethon sont dédiés aux cantines scolaires de Rivière-Froide. L’activité ne pouvant avoir lieu, nous invitons les joueurs et amis de l’AQANU à contribuer à cette cause.

Vous pouvez le faire de différentes façons.

En faisant parvenir un chèque, libellé au nom de l’AQANU, à l’adresse suivante : AQANU-Montréal, 222, rue Labonté, Rosemère, Québec, J7A 3M6.

Ou encore auprès de votre vendeur/se de billets.

Vous pouvez aussi procéder par virement Interac en utilisant l’adresse : tresorerie@aqanu.org. Ne pas oublier de révéler, dans un deuxième courriel à la même adresse, la réponse à la question secrète.

Un reçu pour usage fiscal sera remis pour les dons de 20 $ et plus.

Merci pour votre soutien,

Danielle Marcotte, pour le comité organisateur

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Au quillethon de l’AQANU-Montréal

Tiré du Cyber-bulletin 10.2 de l’AQANU

Le 12e quillethon de l’AQANU-Montréal du 3 octobre constitue son activité principale de financement. Photo: Gracieuseté AQANU-Montréal

Plus de détails nous sont parvenus quant à la tenue de l’annuel quillethon de l’AQANU-Montréal le samedi 3 octobre.
Il s’agit d’une des rares activités de financement que l’AQANU peut tenir ces mois-ci en raison de la pandémie.
Le 12e quillethon aura lieu au Salon de quilles Grande-Allée situé au 1400, rue Grande-Allée à Terrebonne, le samedi 3 octobre, entre 14 h 30 et 18 heures.
L’activité se déroulera en tout respect des mesures sanitaires de distanciation sociale et d’hygiène, celles adoptées par les ligues professionnelles de quilles du pays.
Le quillethon constitue la principale activité de collecte de fonds permettant à
10 septembre 2020 (édition spécial)

l’AQANU-Montréal de continuer à financer ses actions en Haïti.
Il en coûte 25 $ pour trois parties pour les adultes et 10 $ pour les enfants de 12 ans et moins. Des consommations seront accessibles sur place.


Il faut réserver et effectuer le paiement des billets, de préférence par chèque, auprès de l’une ou l’autre des personnes suivantes :
Andrée Fortin andreefortin2@videotron.ca 514-461-1176
Jean Emmanuel Léon jeanemmanuell@yahoo.fr 514-213-2040
Jeannine Paré parejeannine14@gmail.com 450-941-0755
Daniel Amazan docdany26@hotmail.com 514-501-8990
Danielle Marcotte dmarcotte87@gmail.com 450-621-5952
Jean Max St Fleur stfleurjeanmax@gmail.com 438-989-8329
Jocelyne Voyer jocelyne.voyer@sympatico.ca 450-621-2064
Marie Nikette Lorméus nikettel@yahoo.fr 438-829-7399
Witchner Orméus witchner@yahoo.fr 438-884-5545
Les personnes qui ne peuvent être présentes lors du quillethon peuvent tout de même appuyer la cause par un don. Elles peuvent faire parvenir leur chèque au nom de l’AQANU et le faire parvenir à Danielle Marcotte, 221, rue Labonté, Rosemère J7A 3M6.

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Et on confectionne des masques à Pilate

Ce texte est tiré du Cyber-bulletin 10.1 de l’AQANU. Il fait suite à un article concernant l’annonce d’une contribution de 12 551,04 $ en provenance de l’Ontario English Catholic Teachers Association (OECTA) pour un projet à Pilate.

Parlant de Pilate, d’autres bonnes nouvelles nous sont parvenues du père Frantzdy Joseph au sujet de cette campagne de sensibilisation et de prévention à la COVID-19.

Avec les 5000 $ que l’AQANU-Bois-Francs a fait parvenir, l’opération de fabrication de masques, de cache-nez comme les appelle le père Frantzdy, va bon train.

Les élèves ont fabriqué 2700 masques jusqu’à maintenant. (Photo Frantzdy Joseph)

Jusqu’à ce jour, les élèves en couture en ont confectionné 2700. Une première distribution devait avoir lieu dans les écoles et durant la fête de la paroisse le 30 août.

La distribution des couvre-visages devait commencer la fin de semaine dernière. (photo Frantzdy Joseph)

La réouverture des écoles à Pilate a quelque peu ralenti la confection des couvre-visages, a noté le père Frantzdy, puisque les élèves ne disposaient plus de toute la journée pour coudre.

Il espère progresser davantage dans cette opération afin d’aider le plus grand nombre de personnes possible à se prémunir du coronavirus.

Hélène Ruel

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Le goût de l’aventure et du service pour l’AQANU

Ce texte est tiré du Cyber-Bulletin 10.1 de l’AQANU

Le goût du voyage et de l’aventure. Tel a été l’aiguillon ayant mené Huguette Turcotte vers l’AQANU. C’était au début des années 1970, deux ans avant la création officielle de l’AQANU.

En Haïti lors d’un stage au début des années 1970. (Photo gracieuseté)

Huguette a été active à l’AQANU pendant plus de quatre décennies, encore prête aujourd’hui à donner un coup de main à l’équipe de l’AQANU des Bois-Francs.

Elle a présidé l’AQANU de 1995 à 2005, pour, ensuite, assumer la fonction de trésorière jusqu’en 2012. Survenu il y a près de deux ans, le décès de son cher conjoint Ernest Laflamme, lui a fait prendre un peu de recul quant à la ferveur de son engagement.

Elle admet que, pendant plusieurs années, l’AQANU était une affaire de couple. «Je n’aurais jamais accepté le poste de trésorière, n’eût été Ernest.» C’est à lui que l’AQANU doit d’avoir bâti ce qu’on pourrait appeler le système comptable de l’association.

C’est lui aussi qui, année après année, jusqu’à quelques semaines avant son décès, présidait les assemblées générales de l’Association. Prof au Cégep de Victoriaville, ayant été président du Syndicat de l’enseignement des enseignantes et enseignants du Cégep, Ernest Laflamme a agi tel un «conseiller technique» pour l’AQANU, soutient Huguette.

Mais retournons dans le temps pour retrouver la jeune enseignante victoriavilloise.

Une amie, Colette Desharnais-Ghazal, l’invite à assister à une rencontre à Sherbrooke animée par André Dallaire de l’Association canadienne pour l’avancement des Nations Unies. L’enthousiasme et la force de persuasion de M. Dallaire couplés à l’envie de voyager de la jeune enseignante l’incitent à s’embarquer, en 1970 pour un stage de six semaines en Haïti.

Huguette n’hésitait pas à manier le pic et la pelle. (Photo gracieuseté)

«Le pays était toujours sous dictature. Nous étions 200 Québécois à bord de l’avion, duquel on avait dit qu’il était, à l’époque, le premier et le plus gros à atterrir en Haïti.» Ces 200 personnes en provenance de tous les coins du Québec avaient répondu positivement à l’invitation d’André Dallaire. Ce sont ces stages qui ont servi de racines à l’AQANU. «Pendant quelques années, l’Association était aussi présente au Saguenay, à Québec, à Sherbrooke.»

Animé par le Victoriavillois Roland Gingras – un des trois fondateurs de l’AQANU – le groupe de stagiaires dont Huguette faisait partie logeait chez Pierre Baker, à Flon où on s’affairait à construire un centre communautaire.

De stagiaire, Huguette est rapidement devenue animatrice de stages. Elle en a animé deux, l’un en 1971, l’autre en 1972. En 1973 Huguette et Ernest se marient, ce dernier ayant fait partie du groupe de stagiaires qu’elle guidait en 1971.

Jusqu’en 1976, la jeune femme continue de se dévouer pour l’AQANU parce que, dit-elle, les projets qu’elle soutient financièrement émanent des Haïtiens eux-mêmes, qu’ils les incitent à se prendre en main.

L’école de Flon dont les premières briques ont été financées par les gens des Bois-Francs est toujours fonctionnelle, se réjouit-elle. Même que la construction du centre communautaire et de l’école a incité Pierre Baker, l’hôte haïtien des premiers stages de l’AQANU, à financer la construction d’une école professionnelle ajoute l’ex-présidente de l’AQANU.

C’est son ardent désir d’enfanter qui a mis sur pause l’engagement d’Huguette envers l’association entre 1976 et 1984. «Après ma fausse-couche, j’ai compris qu’il fallait que je me calme», se disait-elle. En 1978, elle devenait l’heureuse maman de François qu’elle et Ernest ont, dès l’âge de 6 ans, emmené avec eux à des réunions de l’AQANU.

Huguette Turcotte aujourd’hui et, derrière, une photo de son cher Ernest Laflamme. (Photo Hélène Ruel)

De toutes ses années à l’AQANU, Huguette Turcotte dit avoir appris beaucoup. «Ça a été une belle expérience personnelle,  l’occasion de nouer des liens d’amitié avec des gens de l’AQANU et des Haïtiens et d’avoir le sentiment de rendre service.»

Elle regrette que l’AQANU ne puisse continuer à offrir des stages en Haïti. «On avait dû y mettre fin parce que les compagnies d’assurances ne pouvaient nous couvrir.»

Les stages procuraient à l’AQANU des moyens de recrutement et de sensibilisation au développement international.

Retournée en «touriste» en Haïti, il y a quatre ans, Huguette Turcotte a eu une surprise. «Les reportages sur Haïti, souvent défaitistes, nous laissent entendre que rien n’a été fait depuis le séisme en 2010. Certes, j’imagine que les guides ne montrent pas aux touristes les lieux où rien n’a changé. Mais ils ont pu nous faire voir des endroits où on a construit et reconstruit.»

Huguette évoque la rénovation des hôtels Marriot et Royal Décaméron, des rues nettoyées à Port-au-Prince ainsi que la construction et la modernisation de la distillerie Barbancourt.

Même si elle prend une part moins active à l’AQANU, elle n’en continue pas moins de s’y intéresser et de suivre attentivement le fil des actualités haïtiennes.

Hélène Ruel

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Financement de l’AQANU : grandeurs et misères

Ce texte est tiré du Cyber-Bulletin 10.1 de l’AQANU

Les statistiques compilées par Grégoire Ruel le démontrent clairement. Il y a eu un «avant» et un «après» 2010 dans l’histoire des finances de l’AQANU. Et on ne fait pas ici référence au terrible séisme en Haïti. On évoque plutôt le changement d’approche de ce qui était l’ACDI (Agence canadienne de développement international).

Entre le moment de la fondation de l’AQANU en 1972 et l’année 2010, 190 de ses 214 projets en Haïti se sont réalisés avec l’aide financière de l’ACDI, cette dernière allouant une somme de 3 550 413 $. L’AQANU et ses partenaires avaient injecté 1 888 308 $ pour compléter le financement.

À partir de 2010 et jusqu’en 2017, excluant le projet de plus d’un million $ pour la construction de l’École de formation professionnelle Mark Gallagher à Rivière-Froide, l’AQANU ne pouvait s’engager que dans un total de 25 projets en Haïti.

Oeuvrant depuis 1970 à l’AQANU, l’ayant aussi présidée entre 2008 et 2014, toujours actif dans la région de l’Outaouais, Grégoire Ruel se souvient du moment où l’agence fédérale modifiait ses critères d’accessibilité au financement des projets de développement international. Jusqu’alors les projets de l’AQANU bénéficiaient d’une aide fédérale équivalant à 75% des coûts.

Exit l’AQANU

Les nouvelles conditions de ce qu’on appelait l’ACDI excluaient d’emblée une organisation comme l’AQANU, admet Grégoire. Pour des raisons mathématiques et administratives, pourrait-on résumer.

D’abord, les revenus et les actifs moyens de l’organisation en quête de financement gouvernemental devaient être plus élevés que la somme demandée, critères difficiles à respecter pour l’AQANU. Ensuite, les procédures de présentation du projet nécessitaient une expertise que ne possédait pas l’AQANU.

«Oui, répond Grégoire, on aurait pu fusionner avec une plus grande organisation, comme on nous le recommandait d’ailleurs. On a plutôt choisi de s’associer à l’UPA-DI qui nous faisait confiance en raison de notre expérience en Haïti.»

Aussi de la région de l’Outaouais, Pierre Gosselin, actif à l’AQANU depuis près de 20 ans, responsable du financement, se souvient de cette époque où l’ACDI ne demandait pas mieux que d’offrir des subventions pour des projets de développement international. L’agence fédérale trouvait en l’AQANU une organisation prête à s’investir dans les pays du Tiers-Monde. La proximité de la capitale nationale a bénéficié à l’AQANU-Outaouais, dont Pierre dit qu’elle a été, jusqu’en 2004, une «succursale de l’AQANU-Bois-Francs». Et puis, l’AQANU possédait aussi des «racines» amicales en Haïti, y ayant été présente grâce à des gens comme le Victoriavillois Ricardo Dorcal, originaire d’Haïti et Agathe Pellerin, une Québécoise résidant en Haïti depuis plus de quarante ans.

Tout un bassin de bénévoles… et de sources

Faute d’avoir accès à des sources de financement gouvernementales grâce au «dynamique Grégoire (Ruel)», précise Pierre Gosselin, l’AQANU-Outaouais a développé tout un bassin de bénévoles.

«Et toutes ces personnes altruistes nous ont permis de multiplier nos sources de financement.» Pierre donne l’exemple du Festival des montgolfières qui nécessite 20 bénévoles par jour pour vendre des bracelets d’entrée. L’AQANU profite des bénéfices des ventes réalisées par ses membres.

«Pour le financement, on est presque condamnés à ne compter que sur nous-mêmes», soutient Pierre. Il croit qu’il n’y a pas de volonté gouvernementale de s’investir dans des pays comme Haïti et que trop souvent, l’aide internationale sert plutôt les intérêts politiques des gouvernements.

L’AQANU-Outaouais s’est engagée – comme Granby et Montréal – avec UPA-DI. «Nous n’avions pas d’expertise en agriculture, mais nous avions de la bonne volonté et un partenaire haïtien comme l’Encadrement des petits paysans des mornes et des plaines d’Haïti. Même si nous sommes comme un «wagon» de l’UPA-DI, nous voulons nous assurer que notre partenaire haïtien bénéficie du projet.»

La «couleur» de Granby

Le changement d’approche de l’ACDI a eu une influence marquante sur l’AQANU, particulièrement dans les Bois-Francs et en Outaouais, lesquelles régions soutenaient plusieurs projets en Haïti avec du financement fédéral.

Mais à Granby, l’AQANU n’a jamais fait appel à l’Agence. L’association a vraiment pris de l’élan à la suite du tremblement de terre en Haïti en 2010, explique l’actuel responsable Clément Roy.

Membre de l’AQANU depuis ses premiers stages dans les années 1970, Clément Roy a entretenu des contacts «épisodiques» avec l’Association pour y prendre une part plus active à partir de 2010.

L’AQANU ne perd pas de vue sa mission de sensibilisation au développement international. (Photo Hélène Ruel)

L’AQANU-Granby possède sa «couleur», précise-t-il, ne tirant ses revenus que de deux sources, la vente de café (nOula) et le Club des 100 (qui a repris du galon). «Nous n’organisons pas d’activités de financement. Notre annuel déjeuner ne vise pas à amasser de l’argent, il cherche plutôt à sensibiliser.»

Avant de s’engager avec l’UPA-DI dans le programme Les savoirs des gens de la terre à Baptiste en Haïti, l’AQANU-Granby avait soutenu deux projets autonomes, l’un lié à la coopération chez les producteurs de café, l’autre visant le reboisement et la création d’une bourse volontaire de carbone.

Avec l’UPA-DI, dont Clément Roy dit qu’elle partage la même vision du développement que l’AQANU, «notre contribution a un impact important sur le terrain, un effet multiplicateur». L’argent canadien dépensé par les acheteurs de café, par exemple, profite largement et directement aux producteurs haïtiens. Et les 5000 $ versés par l’AQANU en microcrédit ne «restent pas dans la cagnotte». L’argent a d’abord servi à onze familles qui ont pu investir dans leur production maraîchère ou leur élevage. Leurs prêts remboursés serviront ensuite de capitaux pour d’autres familles, suscitant le fameux effet multiplicateur dont parle Clément.

«Moi qui ai été dans l’éducation toute ma vie, j’ai plutôt un penchant pour les projets agricoles qui favorisent la professionnalisation du métier, l’autonomie alimentaire. L’agriculture participe au développement économique et social, au développement durable.»

Une «fidélité» à Montréal

Du côté de l’AQANU-Montréal la responsable Danielle Marcotte parle aussi d’économie sociale et solidaire, l’Association faisant également partie de la table des partenaires de l’UPA-DI, soutenant les cantines scolaires de Rivière-Froide. Le Fonds Solidarité Sud, la Fondation Paul Gérin-Lajoie, les Cuisines et vie collectives Saint-Roch et le Groupe d’économie solidaire du Québec complètent la table.

Sensible au sort de la population haïtienne depuis un stage en 1987, Danielle Marcotte consacre plus de temps à l’AQANU-Montréal depuis 2012.

Principale activité de financement, l’annuel quillethon a commencé à s’organiser après le séisme en Haïti. La contribution montréalaise de l’AQANU était d’abord acheminée à l’AQANU-Outaouais, raconte Danielle Marcotte. Également du côté de Montréal, le Club des 100 possède toujours ses adhérents prêts à verser leurs annuels 100 $. «Il y a une fidélité à la cause», remarque Danielle.

Un avenir incertain

À peu près tous les membres questionnés sur le financement de l’AQANU s’entendent pour dire que le climat est teinté d’«incertitude», pour reprendre le mot de la responsable montréalaise. Et pas seulement en raison de l’actuelle pandémie de coronavirus qui freine au Québec l’organisation d’activités de financement.

N’est plus possible, aujourd’hui, d’organiser des stages de sensibilisation en Haïti, non plus que d’y envoyer des gens de l’AQANU pour le suivi des projets, tellement le pays est agité aux plans social et politique.

«C’est aussi difficile pour nous de l’AQANU que pour nos partenaires haïtiens», déplore Grégoire Ruel.

L’AQANU mise sur des partenaires haïtiens. (Photo Hélène Ruel)

Les questions que se pose l’AQANU quant à sa pérennité s’appliquent également à son financement. Les stages constituaient un moyen de sensibiliser et de recruter des membres, d’assurer une relève, poursuit Grégoire.

«Moins l’AQANU pilote de projets, moins elle a de la visibilité auprès du public et moins elle peut stimuler les nouvelles adhésions. Les membres vieillissent et manifestent moins de ferveur. Ce qui faisait la force de l’Association, c’était les liens d’amitié qu’elle avait tissés; c’est plus difficile de les maintenir en mode virtuel. Ça prendrait des énergies nouvelles!», s’exclame-t-il.

Ce qu’espère également Danielle Marcotte du côté de l’AQANU-Montréal. «Je veux maintenir le groupe vivant et tenir le fort en espérant que les jeunes qui ont un autre regard donnent un nouvel élan au financement.» Elle mise aussi sur l’engagement de membres originaires d’Haïti constitue un atout pour l’AQANU, dont le conseil d’administration national est presque entièrement composé de gens d’origine haïtienne, en commençant par son président Dr Emilio Bazile.

Miser sur la crédibilité

Dans les Bois-Francs, Réginald Sorel, qui a aussi présidé l’AQANU (2014 à 2019), croit que l’Association devra développer davantage de partenariats avec d’autres organisations, d’autres bailleurs de fonds, comme des syndicats et des fondations. Et elle devra aussi acquérir de l’expertise pour demander des subventions.

«Les grands jours de financement de projets en Haïti par Affaires mondiales Canada, c’est fini!, affirme-t-il. Si l’AQANU a pu obtenir du financement de l’ACDI pour construire l’École de formation professionnelle Mark Gallagher, c’est que le contexte était spécial – après le séisme – et qu’on avait noué un partenariat avec l’organisation des amis de Mark Gallagher au Nouveau-Brunswick.»

L’AQANU s’est butée à un refus du ministère québécois des Relations internationales pour deux projets. Ils ont finalement pu se réaliser avec la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). C’est donc comme retraité de la CSQ et non comme membre de l’AQANU que Réginald a pu œuvrer à la mise en place d’une bibliothèque publique à Port-au-Prince et d’un programme de formation des maîtres.

Réginald se souvient du fameux souper haïtien qu’organisaient Ricardo Dorcal et son équipe dans les Bois-Francs. Les activités de ce genre requièrent beaucoup de travail pour ce qu’elles rapportent, déplore-t-il. «Je crois qu’il est important de maintenir des activités de visibilité et de sensibilisation, mais on ne devrait pas compter que sur cela pour financer l’AQANU.»

D’ailleurs, poursuit-il, il est devenu encore plus laborieux de convaincre le public de donner de l’argent pour Haïti. «Les gens se demandent ce que ça donne d’envoyer de l’argent dans un pays d’où émanent tant de mauvaises nouvelles et miné par la corruption. On a vu le gâchis de l’utilisation des fonds et du manque de coordination des organisations non gouvernementales après le séisme.»

Pierre Gosselin partage ce point de vue, ajoutant que lorsque les médias traitent d’Haïti, ils ne mettent en évidence que les événements liés à la corruption et à la violence.

Il appartient à l’AQANU de démontrer que les projets qu’elle finance améliorent à court et moyen terme le quotidien des Haïtiens, dit encore Réginald. «C’est à nous de faire valoir que nos partenaires en Haïti sont honnêtes, fiables et efficaces.»

«On ne révolutionne pas le pays»

«On ne révolutionne pas le pays», renchérit Danielle Marcotte. «Avec les cantines scolaires que nous soutenons, nous permettons à des producteurs de vendre leurs produits, à des femmes qui cuisinent d’en tirer un petit salaire et à des écoliers de manger. Oui, on peut dire qu’on cultive l’espoir.»

Grégoire Ruel n’en pense pas moins. Même les petits projets prennent de la valeur, croit-il, dans un pays où l’indigence est le pain quotidien.

Hélène Ruel

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