Pandémie et solidarité internationale

Texte tiré du Cyber-bulletin 10.6 de l’AQANU

Quelles répercussions a la pandémie sur la solidarité internationale? Quatre panélistes issus du Burkina Faso, de Tunisie, de la Bolivie et d’Haïti en ont discuté à l’occasion d’un webinaire organisé par l’Association québécoise des organismes de coopération (AQOCI).

Animé par Marc-André Anzueto, professeur adjoint en développement international à l’Université du Québec en Outaouais, entre autres membre du comité éditorial du bloque Un seul monde, le webinaire a fait ressortir plusieurs dénominateurs communs, même si les réalités politiques et sociales de ces pays sont tout à fait différentes.

Des questions liées à quatre des 17 objectifs de développement durable ont été adressées aux panélistes : sur la réduction de la pauvreté et des inégalités, sur l’égalité des sexes et sur le travail décent.

Puisque l’AQANU n’est présente qu’en Haïti, attardons-nous aux réponses de sa représentante, Marie-Fausta Jean-Maurice Baptiste, coordinatrice de programmes à l’Institut de technologie et d’animation (ITECA).

En Haïti, la pandémie n’a pas tant affecté la population, a-t-elle répondu. Cela aurait été la catastrophe en raison des défaillances structurelles du pays, a-t-elle noté. La pandémie a surtout touché les partenaires de l’ITECA. Déjà, dit-elle, son organisation qui travaille avec des producteurs agricoles a perdu un partenaire, des ressources par conséquent.

Fort intéressant ce webinaire offert par l’AQOCI sur les effets de la pandémie sur la coopération internationale. (Photo Hélène Ruel)

D’entrée de jeu, elle a déclaré qu’il y avait beaucoup de travail à faire pour forcer les états, l’État haïtien évidemment, à relayer les objectifs de développement durable, les intégrer dans un agenda qu’il doit prendre au sérieux.

Parlant plus particulièrement de l’État haïtien, il faut le forcer à prendre ses responsabilités, a-t-elle poursuivi, à fournir les services de base, à sécuriser les activités des organisations civiles, à respecter les droits de la personne. «La coopération et la solidarité internationale doivent pousser l’État à respecter ses engagements.»

Elle fonde beaucoup d’espoir sur la mobilisation, celle des jeunes particulièrement. Bien avant la COVID, a-t-elle expliqué, il y avait une levée contre le gouvernement. La lutte n’a jamais cessé, a-t-elle souligné, contre la corruption et pour la reddition de comptes. Doivent être maintenues la lutte contre la corruption et la lutte des femmes pour la défense de leurs droits.

S’il y a des leçons à tirer de la pandémie, c’est de voir à quel point l’agriculture nationale a été délaissée, a expliqué Marie-Fausta. «C’était l’affolement lorsque les ports et aéroports ont été fermés.»

Il importe que les populations locales puissent produire et vendre en circuits courts. Parce que, en Haïti, le confinement est impossible, le commerce informel occupant une part importante de l’économie.

Pour Marie-Fausta comme pour Solange Am Kibibi du Burkina Faso, Claudia Arroyo Lanza de Bolivie et Mounir Hassine de Tunisie, la lutte contre le coronavirus a eu plus d’incidences sur les femmes que sur les hommes.

Les quatre panélistes s’entendent pour dire que dans leur pays, les femmes constituent un pilier.

Elles jouent un rôle-clé en ce qui concerne la sécurité alimentaire et sanitaire de la famille, a répondu la porte-parole haïtienne. Tout en maintenant leurs tâches journalières habituelles, elles avaient aussi à s’occuper de leurs enfants retenus à la maison.

La situation ne paraît pas bien différente en Bolivie où Claudia dit qu’il faut «gager» sur les femmes, au Burkina Faso où Solange An Kibibi parle d’une société patriarcale et en Tunisie où Mounir Hassine dit que les droits des femmes sont menacés de recul par le courant d’islamisation.

Le webinaire a été enregistré – entièrement en français – et versé sur le site Web de l’AQOCI. On peut y accéder par le lien suivant : Webinaire – Pandémie : quelles répercussions sur la solidarité internationale? – YouTube.

Par ailleurs, on pourra prendre connaissance des 17 objectifs de développement durable par cette adresse :

https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/objectifs-de-developpement-durable/.

Hélène Ruel

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Prévention et sensibilisation

Avec la contribution de près de 3000 $ de l’AQANU-Outaouais, les Petites sœurs de Sainte-Thérèse (PSST) ont fourni un bilan des activités menées pour contrer le coronavirus dans deux de leurs écoles, l’École de formation professionnelle Mark Gallagher et L’École Sainte-Thérèse de Cazeau.

Les élèves du secteur secondaire l’École Sainte-Thérèse de Cazeau. (Photo fournie par les PSST)

Sœur Mamoune Maurice a rédigé un rapport colligeant les informations recueillies par sa consoeur Eugenie Jeudy, l’actuelle responsable du secteur et de la direction des deux écoles.

Les élèves de l’École Sainte-Thérèse. (Photo fournie par les PSST)

La campagne de prévention amorcée en septembre aurait touché 498 enfants et adolescents de 3 à 15 ans, plus de 225 jeunes ayant plus de 20 ans, enseignants et étudiants. Elle a également bénéficié à la congrégation.

Cette dernière a pu acheter et distribuer du matériel sanitaire dans les deux écoles concernées par le projet. Les PSST ont aussi pu acheminer du matériel dans cinq autres de leurs écoles.

On a confectionné 500 couvre-visage pour les écoliers de 6 à 15 ans de l’école de Cazeau. On a pu en fournir à d’autres écoles.

Une journée de formation a également été organisée à cette école au profit du personnel enseignant et administratif. La formation a également été dispensée quelques jours plus tard aux parents.

Tous les enseignants sont tenus de reprendre la formation avec les élèves de leur classe en faisant des démonstrations de lavage de mains, du port du masque.

On a acheté et installé des seaux pour le lavage des mains. (Photo fournie par les PSST)

Le bilan est assombri par la baisse de la valeur du dollar sur le marché haïtien, note sœur Mamoune, ce qui réduit la distribution du matériel de protection.

Elle ne cache pas non plus que les élèves ne portent plus le masque. Les PSST recommandent toutefois aux parents de les conserver dans l’éventualité d’une deuxième vague de la pandémie.

«Le secteur éducatif de la congrégation des PSST remercie l’AQANU pour ce projet qui renforce les mesures de protection dans les deux écoles ciblées par le projet et cinq autres directions. Le secteur se donne pour mission de continuer la campagne de sensibilisation dans les sept écoles touchées par le projet durant le deuxième trimestre de l’année 2020-2021», écrit sœur Mamoune Maurice.

Hélène Ruel

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Trois valeureux bénévoles

L’assemblée générale annuelle constitue toujours l’occasion d’honorer le travail et l’engagement de membres de l’AQANU à qui le président remet un certificat de reconnaissance.

Cette année, l’assemblée a rendu hommage à trois valeureux bénévoles : Andrée Fortin (AQANU-Montréal), Jean-Jacques Loyer et André Gosselin (AQANU-Granby).

Andrée Fortin (Photo gracieuseté)

Danielle Marcotte a pris la parole pour dire en quoi Andrée Fortin mérite qu’on la salue bien bas.

«Pour son engagement indéfectible envers Haïti et l’AQANU depuis 1987 notamment comme stagiaire, formatrice, et accompagnatrice de stages, membre du CA, représentante au CEDI, soutien aux régions et à des projets, responsable de l’AQANU Rive-Sud et de l’AQANU-Montréal.

Pour sa volonté d’assurer une continuité de l’AQANU-Montréal, pour son enthousiasme dans l’organisation d’activités pour les JQSI (Journées québécoises de la solidarité internationale) et le recrutement de donateurs pour le Club des 100, pour sa constance comme vendeuse de billets lors d’activités de financement.

Pour ses qualités d’accueil, de générosité, de bienveillance et son attachement envers le peuple haïtien.»

Jean-Jacques Loyer en compagnie du masqué président d’AQANU-Outaouais, Pierre Gosselin (Photo AQANU-Outaouais)

Du côté de l’AQANU-Outaouais, Danielle Massicotte et Pierre Gosselin ont énuméré les raisons pour lesquelles Jean-Jacques Loyer recevait un certificat de reconnaissance.

«Pour son engagement à l’AQANU depuis plus de dix ans comme responsable de projet, conseiller en comptabilité et en gestion d’entreprise à Rivière-Froide, participant actif aux activités de collectes de fonds et parrain d’une jeune élève de Rivière-Froide.

Pour le partage de ses contacts et de son expertise permettant l’ajout d’activités de financement à l’AQANU-Outaouais dont les barrages routiers et la vente de bracelets au Festival de montgolfières de Gatineau.

Pour avoir ainsi permis à l’AQANU-Outaouais d’honorer ses engagements financiers envers ses partenaires canadiens et haïtiens.

Pour être un membre inspirant, toujours de bonne humeur et en mode solution.»

André Gosselin (Photo AQANU-Outaouais)

Danielle Massicotte et Pierre Gosselin ont aussi présenté André Gosselin qui a également reçu un certificat de reconnaissance signé de la main du président Dr Emilio Bazile.

«Pour son engagement dans les activités de collectes de fonds de l’AQANU-Outaouais dont le Festival de montgolfières de Gatineau et pour sa participation à l’entraide entre organismes de bienfaisance.

Pour le partage de ses contacts permettant l’ajout d’activités de financement à l’AQANU-Outaouais dont la vente de billets colombiens.

Pour le recrutement de bénévoles actifs en impliquant sa fille et son petit-fils dans les divers événements régionaux

Pour sa camaraderie, sa bonne humeur, sa musique enjouée et le partage d’idées innovatrices dont la constitution du Club des 100 heures de bénévolat au sein de l’AQANU.»

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Un cadeau de Noël de l’OECTA

Texte tiré du Cyber-bulletin 10.6 de l’AQANU

«Un cadeau de Noël pour les enfants de Pilate!», s’est exclamé le père Frantzdy Joseph en parlant de la contribution de l’OECTA.

L’Ontario English Catholic Teachers Association (OECTA) a en effet accepté que sa contribution de 12 551,04 $ soit versée au projet de réaménagement de la cour de l’École Sacré-Cœur de Pilate.

La cour de l’école Sacré-Cœur de Pilate n’est que boue lorsqu’il pleut. (Photo Frantzdy Joseph)

Ce don versé à l’AQANU-Bois-Francs visait initialement à financer la phase 2 d’un projet lié à l’eau potable. Après avoir implanté un système d’osmose inversé, on voulait ensacher l’eau. Ce projet a finalement été réalisé par un promoteur privé et ne faisait donc plus partie des priorités de la communauté du père Frantzdy.

Aucun module de jeu ne divertit les écoliers à la récréation. (Photo Frantzdy Joseph)

Il a présenté un nouveau projet, celui du réaménagement de la cour d’école qui, les jours de pluie, devient impraticable. Les travaux d’aménagement devraient se réaliser au cours des prochains jours, le père Frantzdy espérant profiter de l’absence des élèves en congé pour le temps des fêtes.

Hélène Ruel

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La tournée des régions

Texte tiré du Cyber-bulletin 10.6 de l’AQANU

La pandémie a annulé ou reporté plusieurs des activités de l’AQANU. Dans la région de l’Outaouais par exemple, le président, Pierre Gosselin estime à 50% la perte des revenus annuels de l’organisme.

Il a résumé sa présentation en expliquant que l’AQANU-Outaouais «a pu poursuivre ses activités et en entreprendre de nouvelles malgré les inconvénients causés par la COVID-19. Ceci s’est avéré possible grâce aux fonds accumulés au cours des années passées, à de nouvelles activités de levée de fonds et à de généreux donateurs qui se sont manifestés juste aux bons moments, même si la plupart de ses principales activités n’ont pu avoir lieu ou très partiellement», écrit-il dans son rapport.

Il a passé en revue les différents projets que soutient l’AQANU-Outaouais, tant ceux du côté de Corail que du côté de Rivière-Froide.

À Corail, Michel et Gertha Decoste soutiennent des projets comme la fanfare Zachary Lauzière, financent les études de certains jeunes et investissent dans l’économie domestique.

Une formation dispensée aux formateurs impliqués dans le projet (photo de l’UPA DI)

Le président d’AQANU-Outaouais a parlé du prolongement du programme Les savoirs des gens de la terre avec l’UPA-DI. L’annuel déjeuner-bénéfice qu’on a dû annuler cette année nous aurait fait connaître le bilan du projet des Ateliers de transformation André David; ce devrait être partie remise.

Il faudra patienter jusqu’au prochain déjeuner annuel de l’AQANU-Outaouais pour le bilan du projet des Ateliers de transformation André David. (Photo tirée du rapport de l’AQANU-Outaouais)

L’AQANU-Outaouais, par son Club des 100 (76 donateurs à 100 $) a continué de financer les demi-bourses pour des élèves de l’École de formation professionnelle sergent Mark Gallagher. Un soutien scolaire est également accordé pour des jeunes de l’École Saint-François-de-Sales à Rivière-Froide.

Et avec la collaboration de la Fondation Mgr Joseph Chevalier, l’AQANU-Outaouais a contribué à la construction d’un deuxième étage à l’École Notre-Dame de la Vie nouvelle à Fort-Liberté.

Enfin, l’AQANU-Outaouais a financé un projet pour sensibiliser la population à se protéger de la COVID-19 et pour la confection de masques.

«On ne dépense pas l’argent que nous n’avons pas!», se plaît à répéter la trésorière de l’AQANU, Danielle Massicotte, membre de l’AQANU-Outaouais.

«En résumé, l’AQANU-Outaouais a pu poursuivre ses activités et en entreprendre de nouvelles malgré les inconvénients causés par la COVID 19. Ceci s’est avéré possible grâce aux fonds accumulés au cours des années passées, à de nouvelles activités de levée de fonds et à de généreux donateurs qui se sont manifestés juste aux bons moments, même si la plupart de ses principales activités n’ont pu avoir lieu ou très partiellement», a indiqué Pierre Gosselin.

Il demeure prudent et se demande ce que sera l’avenir une fois la pandémie jugulée.

AQANU-Montréal

De son côté, à l’AQANU-Montréal, la présidente Danielle Marcotte a indiqué que les membres du comité avaient tenu plusieurs réunions et participé à des conférences et formations.

L’AQANU-Montréal se concentre à soutenir les cantines scolaires de Rivière-Froide. L’Association fait partie de la Table des partenaires des cantines scolaires d’UPA-DI à laquelle appartiennent le Fonds Solidarité Sud, Agro-Paix et la Fondation Paul Gérin-Lajoie. De telles cantines sont implantées à Labrousse et on prévoit en créer d’autres à Baptiste et à Torbeck.

«À Rivière-Froide, les cantines scolaires soutenues par AQANU-Montréal, ont fonctionné de décembre 2019 à mars 2020. Pendant cette période, plus de 200 enfants ont reçu des repas trois fois par semaine et des collations nutritives, les autres jours. À cause de la pandémie, les écoles ont fermé et les cantines ont cessé de fonctionner. Cependant, de mai à août 2020, des paniers-repas composés d’aliments produits localement ont été distribués aux familles les plus démunies de la région. La reprise des classes s’est faite le 10 novembre 2020. On saura dans les prochaines semaines le nombre d’enfants qui recevront des repas et collations. UPA-DI accorde un budget de 80,000$ pour l’ensemble des cantines scolaires et des cuisines collectives pour l’année 2020-2021. AQANU-Montréal contribue annuellement à la hauteur de 3000$ pour le financement de ce programme», a expliqué Danielle Marcotte.

AQANU-Granby

Malgré ses ressources bénévoles limitées, l’AQANU-Granby et la pandémie, l’AQANU-Granby continue d’alimenter des projets, même d’en créer de nouveaux, a indiqué son président Clément Roy.

La vente de café haïtien (nOula) constitue l’activité principale de financement de l’AQANU-Granby; elle vend à Granby ainsi qu’au groupe de Corail et à l’AQANU-Montréal.

Vient de se clore la dernière phase du programme Les savoirs des gens de la terre de l’UPA-DI auquel l’AQANU-Granby a contribué.

«Des 11 familles qui ont profité du microcrédit pour développer des activités génératrices de revenus soit par la culture du café, l’élevage ou de la culture maraîchère, il y en a maintenant huit de plus suite aux remboursements effectués. Nous avons contribué pour 14 000 $ pour la mise en place de deux boutiques d’intrants qui permettent aux paysans d’avoir accès à des semences, de l’engrais, et autres outils de travail», a précisé Clément Roy.

L’AQANU-Granby a relancé son Club des 100 cette année, s’attirant une vingtaine de membres.

Clément Roy a rappelé que l’Association s’affairait à deux autres projets, celui sur l’implantation d’un système d’aquaponie à la ferme-école des Petites sœurs de Sainte-Thérèse à Fort-Liberté ainsi que le Carboneutre Ayiti avec UPA-DI, dont on parlera dans un prochain Cyber-bulletin.

Hélène Ruel

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Les vœux du président de l’AQANU

Chers membres, amis supporters de l’AQANU

L’année 2020 a été marquée par l’arrivée de l’épidémie Covid-19. Au 21 décembre, nous avons dénombré plus de 50 100 Canadiens, 9340 Haïtiens atteints de la maladie, plus de 14 000 Canadiens et 238 Haïtiens qui en sont décédés. Et c’est sans compter les pertes économiques énormes, les bouleversements draconiens dans nos habitudes familiales de vie, de socialisation et d’existence. Tous les pays du monde ont été touchés. Nous n’avons pu organiser nos activités de collectes de fonds annuelles pour nos projets en Haïti et nous avons tenu nos réunions en mode virtuel.

Dr Emilio Bazile, président de l’AQANU (Photo Hélène Ruel)

Mais pendant tout ce temps vous êtes restés avec nous et trois vaccins sont déjà à nos portes. Donc, nous allons continuer.

J’en profite pour vous remercier sachant que vous allez continuer à supporter le financement des projets de nos partenaires en Haïti. Nous vous souhaitons avec optimisme une bonne année 2021.

Dr Emilio Bazile

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Zoom sur l’assemblée générale annuelle*

Ce texte est tiré du Cyber-bulletin 10.6 de l’AQANU

Grégoire Ruel a à nouveau animé l’assemblée générale annuelle de l’AQANU. (Photo Hélène Ruel)

Si on avait qualifié d’«historique» l’assemblée générale annuelle de l’AQANU en décembre 2019, celle de l’année 2020 l’aura aussi été, mais pas pour les mêmes raisons. L’an dernier, c’est la composition de son nouveau conseil d’administration presque entièrement composé de membres originaires d’Haïti (cinq sur six) qui l’avait distinguée. En 2020, pour la première fois en près de 50 ans d’existence, l’assemblée générale annuelle de l’AQANU s’est déroulée sous un mode virtuel, par la plateforme Zoom.

De leur chez-soi, d’aussi loin qu’au Mexique, une vingtaine de membres ont participé à l’assemblée générale annuelle, présidée, comme l’an dernier, par Grégoire Ruel.

Était des nôtres une exceptionnelle invitée, sœur Mamoune Maurice des Petites sœurs de Sainte-Thérèse installée à sa résidence à l’Université Laval. (Photo Hélène Ruel)

L’assemblée a souligné et applaudi l’«exceptionnelle invitée», sœur Mamoune Maurice, de la congrégation haïtienne des Petites sœurs de Sainte-Thérèse, partenaire de l’AQANU pour de nombreux projets. Sœur Mamoune a entrepris son doctorat en éducation à l’Université Laval.

Certes, la visioconférence comporte des inconvénients, mais offre plusieurs avantages et le confinement imposé par la pandémie de coronavirus l’a démontré. Tant le président de l’AQANU, Dr Emilio Bazile que la responsable de l’AQANU-Montréal, Danielle Marcotte y ont fait allusion. Cette dernière a d’ailleurs indiqué que la visioconférence avait permis de réunir plus fréquemment les membres du comité montréalais dispersés dans plusieurs villes autour de la métropole.

L’excellent travail de préparation de la réunion ainsi que sa bonne tenue ont semé l’idée que les prochaines assemblées générales annuelles puissent se dérouler sous cette forme virtuelle; le conseil d’administration réfléchira à cette éventualité.

Reste que, comme l’a souligné le président, les quatre comités régionaux de l’AQANU ont souffert de la COVID, ceux-ci ayant dû reporter, voire annuler, la plupart de leurs activités de financement. Dans certains cas, malgré l’«ingéniosité» d’un Pierre Gosselin – AQANU-Outaouais n’a pu faire prendre son envol aux montgolfières. Le festival de Gatineau ayant été annulé, l’AQANU-Outaouais n’a pu profiter, comme à l’habitude, des bénéfices de la vente de billets par ses bénévoles.

La présentation des documents à l’assemblée s’est faite par partage d’écran ( Photo Hélène Ruel)

En dépit de tout, les quatre régions de l’AQANU (Outaouais, Granby, Montréal, Bois-Francs) continuent de soutenir des projets en Haïti. Le comité de projets en a analysé huit au cours de la dernière année.

«Ce qui est très bien et même fantastique, a dit le président, considérant que nous n’avons plus accès aux fonds du gouvernement fédéral ou du ministère des Affaires mondiales comme par le passé avec l’ACDI. Notre grand défi est d’avoir accès à ces fonds, nous permettant d’avoir des projets comme avant. Nous utilisons maintenant les ressources d’autres organisations ou dons privés pour financer de petits projets. Il faut absolument que l’AQANU développe ses régions, mais il faut trouver des moyens pour avoir des projets de développement. Faudra-t-il cette année aller chercher un expert pour nous guider?», demande le docteur Bazile.

Il a recensé tous les projets qu’a soutenus (et que soutient) l’AQANU au cours de la dernière année : projet d’économie domestique, formation d’une fanfare et soutien à la scolarisation à Corail, projet d’économie sociale et solidaire, soutien à la scolarisation, appui à l’École de formation professionnelle Mark Gallagher, projet Le savoir des gens de la terre et projet sensibilisation à la COVID-19 à Rivière-Froide, projet COVID-19 et soutien à la scolarisation à Pilate.

D’autres projets se développent tant du côté de Granby que de celui des Bois-Francs.

L’assemblée générale annuelle s’est d’ailleurs attardée à celui de l’aquaponie que sont en train de développer l’AQANU-Granby et les Petites sœurs de Sainte-Thérèse, dans une des régions les plus pauvres d’Haïti, à Fort-Liberté où elles exploitent une ferme-école. Le responsable Clément Roy et sœur Mamoune Maurice ont présenté ce projet, la religieuse nous offrant une «visite guidée» de la ferme que coordonne sœur Kaline Honoré.

Comme l’exige le gouvernement du Canada à toutes les organisations qui envoient des gens à l’étranger ou pour une mission, l’AQANU vient de se doter d’une politique sur la sécurité des personnes et la gestion des risques. L’assemblée générale annuelle l’a adoptée.

Élaborée par Jean Max St-Fleur, Marie Lissa Guérin et avec le concours du responsable du comité des communications, Jean Emmanuel Léon, cette politique détermine les procédures à suivre pour le cas où la sécurité d’un émissaire de l’AQANU en Haïti est menacée. Pour l’instant, vu l’insécurité sanitaire et civile, il n’est aucunement question que l’association envoie un émissaire en Haïti.

L’assemblée générale annuelle a renouvelé les mandats d’Emilio Bazile (Outaouais), de Danielle Massicotte (Outaouais) et de Louis Jocelyn (Outaouais). Siègent également au conseil d’administration Marie Lissa Guérin (Outaouais), Jean Emmanuel Léon (Montréal) Richardson Eugène (Bois-Francs). Et le conseil a trouvé son septième membre en la personne de l’ex-président de l’AQANU, Reginald Sorel (Bois-Francs). Ce dernier participait aux réunions du conseil d’administration à titre d’ex-président. Le 18 janvier prochain, les membres se réuniront virtuellement pour se partager les tâches et les postes.

Hélène Ruel

*Les membres de l’AQANU ont maintenant un espace qui leur est réservé sur la page web de l’association. Pour l’instant on peut y consulter les documents présentés au cours de la dernière assemblée générale annuelle. Les membres recevront sous peu un courriel qui leur donnera l’information leur permettant d’y accéder.

Page d’accueil du site web de l’AQANU

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AQANU-Granby soutient un projet d’aquaponie en Haïti

Ce texte est tiré du Cyber-bulletin 10.5 de l’AQANU

Tout dans ce projet d’aquaponie à Fort Liberté en Haïti satisfait les critères de la grille d’évaluation du développement durable, souligne Clément Roy, responsable de l’AQANU-Granby.
Le conseil d’administration de l’AQANU vient en effet d’apposer son «sceau» à ce projet que lui a soumis AQANU-Granby.
D’abord définir ce qu’est l’aquaponie. Il s’agit d’un système par lequel, en circuit fermé, on élève des poissons dont les déjections servent de nutriments pour faire pousser des végétaux, la croissance de ces derniers filtrant l’eau du bassin de poissons.
C’est par un concours de circonstances qu’AQANU-Granby a élaboré ce projet avec les Petites soeurs de Sainte-Thérèse (PSST), lesquelles, depuis
2014, exploitent une ferme-école à Fort Liberté en Haïti.

Agronome, soeur Kaline Honoré coordonne les activités de la ferme. (Photo PSST)

Sur une terre de 22 hectares, les PSST accueillent des enfants (plus de 200) et forment des paysans à l’élevage et à la culture. La ferme élève (et vend) du porc, du boeuf, du poulet. Les religieuses cultivent aussi du manioc, du maïs, des pois, des herbes médicinales. Elles ont également planté des manguiers et des avocatiers et souhaiteraient développer des cultures comme la lavande et des plantes ornementales.
Elles avaient envisagé l’implantation d’une pisciculture. «Mais une pisciculture nécessite une production à grande échelle, la construction de grands bassins, ce qui n’est pas évident dans un pays comme Haïti», explique Clément Roy.
Les connaissances en matière environnementale de Pierre Brun, membre de l’AQANU-Granby depuis deux ans et les échanges entre soeur Mamoune Maurice (de la communauté des PSST, actuellement étudiante au doctorat à l’Université Laval) et Clément Roy ont fait évoluer le projet. «L’aquaponie peut se faire n’importe où, à petite comme à grande échelle, même si on dispose de peu d’eau», souligne Clément Roy.
Ce que l’AQANU-Granby vise, c’est à soutenir l’implantation de l’aquaponie à la ferme des PSST à Fort Liberté, la coordination en étant confiée à l’agronome, soeur Kaline Honoré. «Le système constituera à la fois une expérience, et, souhaitons-le, un tremplin», ajoute le responsable de l’AQANU-Granby.

La nouvelle école en construction à la ferme de Fort Liberté. (Photo PSST)

Il poursuit en disant que si l’expérience est concluante, elle pourrait se multiplier à d’autres organisations paysannes qui pourraient, à la fois produire du poisson (du tilapia en l’occurrence) et cultiver tomates, fraises ou haricots. «Et il ne faut pas oublier que les PSST sont présentes dans dix régions d’Haïti.»

L’élevage du boeuf fait également partie de l’éventail des activités agricoles. (Photo PSST)

La ferme-école mise entre autres sur l’élevage du porc. (Photo PSST)

      Le  système ne nécessite pas d’investissements importants. Au total, AQANU-Granby offre une contribution d’un peu plus de 5000 $ pour un projet qui en nécessite quelque 10 000 $. Les PSST devront financer la main-d’oeuvre et ce qu’il faut pour approvisionner le système en électricité (génératrice et panneau solaire).


Ce projet d’aquaponie correspond tout à fait aux valeurs et aux principes du développement durable, affirme encore le répondant de l’AQANU-Granby. L’engagement et la qualité des partenaires, l’implication des organisations
paysannes, la bonne gouvernance, le renforcement des capacités, le respect de l’environnement en sont quelques-uns. À cette liste, Clément Roy ajouterait l’achat local et la souveraineté alimentaire, ce qui s’inscrit, vraiment, dans l’air du temps. Il conclut en disant que l’aquaponie pourrait servir de source d’approvisionnement aux cantines scolaires.

Hélène Ruel

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