TSF met fin à son grand tirage

Terre Sans Frontières (TSF) a annoncé mettre fin à son grand tirage, celui qu’elle organisait depuis plus de trente ans. Les prix à gagner étaient fort importants, tellement que, explique son directeur général, TSF remettait presque plus d’argent aux gagnants que ce que l’organisme gardait pour sa cause.

«Nous comprenons que la possibilité de gagner 100 000 $ est alléchante mais à notre avis, il est encore plus gratifiant de donner seulement pour la cause. Et en plus tous vos dons seront éligibles à un reçu pour fins d’impôt», écrit le directeur général Jean L. Fortin de TSF.

Jean L. Fortin, directeur général de TSF (Photo tirée de la lettre qu’il a fait parvenir aux acheteur.teuse.s qui ont participé au dernier tirage)

 

Depuis 2013, rappelle Grégoire Ruel, l’AQANU s’était associée à TSF pour la tenue de ce grand tirage. Cette association a permis à l’AQANU d’amasser 6111 $.

Hélène Ruel

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Bonnes nouvelles des plantules!

Ce projet d’aquaponie que soutient l’AQANU-Granby à la ferme agropastorale des Petites sœurs de Sainte-Thérèse (PSST) à Fort Liberté semble bien se développer.

C’est du moins le cas des laitues dont la récolte a été plus productive que ce qui avait été plantés dans le sol, a observé la responsable, sœur Kaline Honoré.

Elle s’apprête à effectuer de nouvelles expériences avec d’autres plantes. La taille des poissons étant maintenant suffisante, l’ajout d’engrais liquide ne sera plus nécessaire. Le système d’aquaponie permet, en un circuit fermé, l’élevage du poisson et la culture de plantes. Les poissons fournissent les nutriments nécessaires à la croissance des plantes, ces dernières assainissant l’eau du bassin de poissons.

Les laitues se sont mieux développées en aquaponie que celles semées en terre. (Photo fournie par les PSST)

Une rencontre d’évaluation a lieu en juillet entre les PSST et les personnes-ressources de l’AQANU pour planifier le démarrage du projet 2, notamment celui lié à l’hydroponie.

Hélène Ruel

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Pique-nique annuel

Toujours du côté de l’AQANU-Outaouais, une trentaine de personnes ont participé au pique-nique annuel du 28 juin dernier.

Des plats cuisinés par des membres ont garni la table du pique-nique annuel de l’AQANU-Outaouais à la fin de juin. (Photo Grégoire Ruel)

De gauche à droite, Pierre Gosselin, Danielle Massicotte, Josette Bazile, Beatriz Aronna, Véronique Ruel, Grégoire Ruel.

L’activité s’organise depuis une dizaine d’années, précise Pierre Gosselin. Elle constitue l’occasion de réunir les bénévoles… et, bien sûr, d’exprimer la gratitude de l’association à leur égard.

Hélène Ruel

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Outaouais en fête… l’AQANU aussi!

L’AQANU-Outaouais s’ingénie à trouver de nouvelles sources de financement, cela grâce au dévouement de ses bénévoles.

Ainsi, ayant fourni 17 de ses bénévoles pour la tenue des quatre jours du festival, l’AQANU-Granby a pu amasser 2500 $ pour la poursuite de ses projets en Haïti.

Les bénévoles de l’AQANU se sont dévoués pour assurer la sécurité de l’Outaouais en fête. (Photo gracieuseté)

 

Responsable de l’AQANU-Outaouais, Pierre Gosselin a tracé le bilan de ce festival. «L’événement a été un succès sur toute la ligne pendant les quatre jours, soit du 23 au 26 juin.»

La participation des festivaliers a été importante, attribuable au beau temps et à leur soif de s’amuser après plusieurs mois de confinement, a écrit Pierre dans une lettre de remerciement aux bénévoles de l’AQANU.

Il a ajouté que le succès du festival, sa grande couverture médiatique, le fait que 60% des bénévoles s’y trouvaient pour la première fois, sont gages d’une excellente relève pour l’avenir.

Les bénévoles de l’AQANU-Outaouais assuraient la surveillance du périmètre de sécurité du festival.

Hélène Ruel

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Pour Robert Arsenault : Haïti un jour, Haïti toujours

Robert Arsenault se souvient avec plaisir de ce moment où, à la Caisse populaire de Victoriaville, il rencontre Roland Gingras, un de ses collègues enseignants, qui lui demande si un séjour estival en Haïti pouvait l’intéresser Haïti, Hawaï, Tahiti? Robert s’y perdait.

Le Victoriavillois Robert Arsenault est l’un des trois signataires de la charte de l’AQANU. (Photo Hélène Ruel)

C’était il y a plus de 50 ans. C’était avant la naissance de l’AQANU. Jeune professeur de français au secondaire, Robert s’était laissé convaincre de troquer son projet de voyage estival dans l’Ouest canadien contre un séjour en Haïti.

Chez Roland Gingras, il participe à une rencontre d’information offerte par André Dallaire. «Un personnage qui m’a marqué!» et auprès de qui, des années plus tard, il a mené d’autres activités, notamment la gestion du théâtre d’été Le Bosquet au Collège Clarétain à Victoriaville (à partir de 1989). Mais cela est une tout autre histoire.

Revenons en 1970, alors que Robert participe à un premier stage en Haïti. «Nous étions au-delà de 200. J’allais chercher une vue directe sur ce qu’on appelait alors un pays sous-développé. Que l’on habite dans les Bois-Francs, à Montréal, en campagne ou en ville, on a une culture différente.» C’est à la découverte d’autres cultures, animé du désir d’entrer en contact avec la différence, que Robert s’est élancé en Haïti.

Une expérience marquante

Ce premier séjour a été déterminant. Même que depuis, s’il n’est plus actif à l’AQANU dont il est l’un des fondateurs (signataire de la charte avec Roland Gingras et Pierre Dextraze), son intérêt et son attachement au peuple haïtien, à la cause haïtienne, ne se sont jamais démentis.

École de Flon en construction. (Photo fournie par Robert Arsenault)

Dès l’été 1971, Robert Arsenault retourne en Haïti. Il assume une responsabilité. Au bilan de son premier séjour, il avait soumis ses idées pour en bonifier l’organisation et la logistique. Avec son ami Roland, il s’occupe des aspects techniques du stage, pour, l’année suivante, en 1972, s’affairer aux aspects culturels du séjour estival annuel. À son quatrième été, il assume la direction du stage.

Au cours de ses années d’engagement en Haïti, Robert Arsenault a participé à moult projets. On le reconnaît ici, en 1972, à Flon

Durant une dizaine d’années, il s’active à l’AQANU, siégeant également à son conseil d’administration. «Les premières années, nous faisions partie de la section Ville-Marie de l’Association canadienne des Nations Unies (ACNU). Parce que nous voulions être autonomes, prendre nos décisions, gérer nos finances et conserver nos subventions de l’ACDI (Agence canadienne de développement international), nous avons décidé de nous détacher de l’ACNU et avons fondé l’AQANU.»

Au cours des années 1970, Robert participe ainsi à l’organisation des stages estivaux en Haïti, de même qu’à ceux que l’AQANU offre lors des congés de Noël et de Pâques. Il guide aussi les visites que propose l’Association aux Nations  Unies à New York.

Pendant toutes ces années d’engagement en Haïti, il suscite l’intérêt de ses proches, de ses amis, trimballe les dons des gens des Bois-Francs, notamment les médicaments du pharmacien Jacques Leahey.

Un projet mené en 1971. (Photo fournie par Robert Arsenault)

Même hors ses salles de classe, «Bob» Arsenault se soucie de pédagogie voulant faire connaître la réalité haïtienne, déboulonner les mythes et les préjugés. Avec Roland toujours, il participe à des présentations sur le pays, allant à la rencontre de membres d’organisations comme les Fermières. Il se souvient que de seulement prononcer le nom de «Duvalier» semait la terreur.

 

Plus encore, il anime des camps de simulation au développement international, où les participants (parfois des jeunes, parfois des adultes) vivent les affres ou les privilèges de la classe sociale dans laquelle le hasard les a plongés. Il y avait ceux qui devaient travailler… réellement pour gagner quelques sous et qui tentaient, sans succès, de fomenter une révolution.

André Dallaire le rappelait le mois dernier. Robert avait dû se présenter devant un juge de Joliette, alors qu’un jeune participant à un camp avait porté plainte, arguant avoir été «torturé». La Cour avait débouté le jeune homme. «Jamais, je n’aurais toléré qu’on se moque de jeunes.»

Les jeunes oubliés

D’ailleurs, c’est le sort de jeunes qui a, en quelque sorte, détourné l’intérêt du prof Arsenault de l’AQANU. Le regretté Normand Maurice (1946-2004), celui que l’on désigne toujours comme le «père de la récupération au Québec», brassait les colonnes du temple scolaire pour «récupérer» ces élèves que le système était en train d’échapper. «Le «tiers-monde» pour lequel je m’étais engagé se constituait alors de ces jeunes que l’on voulait scolariser et diplômer.»

Considéré par plusieurs comme le «bras droit» de l’impétueux prof Normand Maurice, Robert Arsenault a contribué à faire naître les CFER (Centres de formation en entreprise et récupération), d’abord à Victoriaville. Aujourd’hui, les CFER forment un réseau d’une vingtaine d’établissements au Québec. Il participe également à la création de Peintures récupérées du Québec. Ce sont d’ailleurs ces peintures récupérées qui propulsent une fois de plus Robert en Haïti, y retrouvant André Dallaire.

Ses séjours en Haïti, ses années d’engagement à l’AQANU, ont laissé des traces indélébiles dans l’âme du Victoriavillois aujourd’hui âgé de 76 ans.

À dos de mule pour la Citadelle. Cette expérience faisait partie des stages estivaux de l’AQANU. (Photo fournie par Robert Arsenault)

Il dit que ses expériences l’ont nourri, lui ont fait découvrir une autre «planète», un autre monde, lui qui avait le désir de «faire quelque chose». Quand tu passes par l’AQANU, tu n’agis plus de la même manière et tu changes d’idée sur ce qui se passe en Haïti».

D’humain à humain

Il dit encore que si l’AQANU perdure, c’est qu’elle se compose de gens ordinaires qui tendent la main à d’autres gens ordinaires. «Nous n’étions pas des spécialistes. Je me souviens à quel point notre présence, notre participation aux projets de construction (d’écoles, de barrages, etc.) étaient valorisantes, tant pour nous que pour les Haïtiens. Nous avions le sentiment d’apporter un peu, mais de rapporter beaucoup!»

Avec ce que vit actuellement le peuple haïtien, il vaut mieux travailler avec le monde ordinaire, le monde «oublié», «d’humain à humain», croit Robert. C’est ce qui a fait et fait encore la «noblesse» de l’AQANU, conclut-il.

Témoignage sur les 50 ans de l’AQANU

https://drive.google.com/file/d/190RzFWX6smFx7X8h34c37JuPZeNQsCTF/view?usp=sharing

Hélène Ruel

 

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Des nouvelles de SOJETHO

Dans le Cyber-bulletin de mai avait paru l’article « 34 435 $ de Roncalli à l’AQANU Bois-Francs pour les cabris de SOJETHO ». Le 19 juin dernier Sojetho Thomonde publiait sur Facebook cette vidéo sur l’avancement du projet.

https://www.facebook.com/100015520501226/videos/340944204878795

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Le 1er octobre à votre agenda

L’AQANU-Montréal vous invite à son quillethon annuel!

C’est le samedi, 1er octobre 2022, qu’aura lieu la 13e édition du quillethon de l’AQANU. Organisée par le groupe de Montréal, l’activité se tiendra au Salon de quilles Grande-Allée, situé au 1400, rue Grande-Allée, à Terrebonne. Cette fois encore, les profits du quillethon serviront au financement du projet des cantines scolaires de l’École Notre-Dame de Fatima de Rivière Froide, en Haïti.

Jocelyne se prépare pour un abat! (Photo Francesca Dunéant)

Le «spécial» du 50e anniversaire

Cette année, l’AQANU célèbre le 50e anniversaire de sa fondation. Pour souligner cet événement, AQANU-Montréal ajoutera un élément à sa programmation habituelle, soit le tirage du 50e. Toutes les personnes qui s’inscriront avant le 31 août 2022 seront admises à un tirage. Le prix de l’inscription, soit 25 $, sera remboursé au gagnant ou à la gagnante. Le tirage aura lieu le jour même de l’activité.

Date : Samedi, 1er octobre 2022, de 14 h 30 à 18h

Coût : Pour 3 parties, 25 $ pour les adultes et 10 $ pour les enfants de 12 ans et moins

Location des chaussures : 3,25 $

Vous pouvez réserver vos billets dès maintenant auprès de l’une ou l’autre des personnes suivantes:

Jocelyne Voyer : jocelyne.voyer@sympatico.ca 450-621-2064

Andrée Fortin : andreefortin2@videotron.ca 514-461-1176

Jeannine Paré : parejeannine14@gmail.com 450-941-0755 Jean-

Emmanuel Léon : jeanemmanuell@yahoo.fr 514 213 2040

Francesca Dunéant : lisiefrancess@yahoo.fr

Jean Max St-Fleur : stfleurjeanmax@gmail.com 438 989 8329 Danielle Marcotte dmarcotte87@gmail.com 450-621-5952

Danielle Marcotte

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André Dallaire, l’homme qui a donné son
allant à l’AQANU

Texte tiré du Cyber-bulletin 12.11 (juillet 2022)

On ne peut parler des 50 ans de l’AQANU sans se tourner vers André Dallaire, celui qui en est, pour ainsi dire, l’idéateur, le créateur, l’instigateur. À quelques jours de son 80e anniversaire de naissance (le 20 juillet), il semble n’avoir rien perdu de sa verve, de sa fougue, de son allant. «Je suis un slinky qui n’a pas fini de bouger!»

De fait, il nourrit, c’est le cas de le dire, de nouveaux projets, venant tout juste de lancer un projet de maraîchage sur une de ses terres que seules des vaches fréquentaient jusqu’alors. Et pas qu’un petit projet : vingt arpents de culture au bénéfice de la sécurité alimentaire!

Le projet est si récent qu’il n’a pas encore de nom. Pour en esquisser les grandes lignes, André Dallaire récite le Notre Père, insistant sur le «Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien».

C’est que l’homme est croyant. Il l’a toujours été.

Il garde en mémoire sa rencontre avec un des pères Blancs, le père Blais, «qui avait la barbe jusqu’au nombril». Le religieux parlait de mission et de lions en Afrique. Rencontre déterminante, fondatrice pour le jeune Dallaire alors âgé de 10 ans.

«Ses idées ont fait du millage!», s’exclame André Dallaire. Tant et tant qu’avec son épouse et son premier enfant de 6 mois, bardé d’une maîtrise en pédagogie en sciences religieuses et morales, il s’installe dans la brousse africaine, en Zambie.

La famille y demeure pendant six mois, lui étant prof de «n’importe quoi» dans une des écoles des pères Blancs.

Précédemment, le jeune universitaire s’était beaucoup engagé auprès de Mundo laquelle, à la suite de sa «mission» africaine, aurait pu lui procurer un emploi permanent.

«L’apprentissage par le vécu»

La vie… et lui en ont décidé autrement. Le ministère de l’Éducation lui propose de créer un programme de sciences religieuses pour les futurs enseignants.

Il se trouve à Montréal, a découvert ce qu’étaient l’ONU et ses agences, notamment la FAO, demeure soucieux des problèmes à l’échelle planétaire et, surtout, a toujours été animé par son âme beauceronne.

Car il s’en réclame de cette fameuse fibre entrepreneuriale qu’on a l’habitude d’attribuer aux Beaucerons.

Ainsi, c’est avec le désir de «brancher les élèves (entendons par là les normaliens) aux réalités des deux tiers du monde» et en pensant que cela ne peut se faire dans une classe théorique, qu’André Dallaire développe l’idée d’organiser des stages. «L’apprentissage par le vécu», son leitmotiv.Pour implanter son projet de stages aux Antilles, il multiplie les démarches et, en 1968, se rend en Haïti, en Guadeloupe et en Martinique. Il lui faut établir des relations avec des communautés religieuses, repérer les lieux où pourront loger et œuvrer les stagiaires.

André Dallaire, il y a 20 ans, avec un de ses protégés dans un orphelinat de la banlieue de Port-au-Prince (Photo gracieuseté)

Les premiers stages

Les séjours comportent trois dimensions. Les participantes et participants ont à produire un rapport de leur séjour alors qu’ils auront assisté à des conférences, procédé à des recherches. Ils ont aussi à effectuer du travail manuel, creuser un puits, construire une école, etc. Ils ont aussi à faire la tournée des autres points de chute, ce qui leur fait voir plusieurs régions du pays et les confronte à diverses réalités.

Le premier stage s’organise en 1969, sous les auspices de l’Association canadienne des Nations unies (ACNU), plus précisément la section Ville-Marie.

La formule obtient un tel succès que le second stage, celui de 1970, débarque 180 personnes en Haïti et 80 en République dominicaine, la Guadeloupe et la Martinique ayant alors été éliminées de la carte. Désormais, ce ne sont plus seulement des futurs enseignants qui participent aux stages. Des jeunes et des adultes se sensibilisent au développement international en séjournant.

Au début des années 1970, une mésentente engendre la bisbille entre les membres de la section Ville-Marie et l’ACNU. «C’est le début de la fin des stages en Haïti sous les auspices de l’ACNU.»

 La genèse de l’AQANU               

Mais c’est la genèse de l’AQANU puisque les activités autrefois sous l’égide de la section Ville-Marie de l’ACNU se poursuivent, de même que les stages grâce à des «patriotes», comme il les désigne, les Roland Gingras, Robert Arsenault, Pierre Dextraze (les trois signataires de la charte) et Lise Tellier. Tous quatre avaient participé aux stages de l’ACNU.

«1972, c’est l’année grouillante, l’«année des grandes transformations», se souvient André Dallaire.

Pendant trois ans, dégagé de ses fonctions pédagogiques, il assure la permanence de l’AQANU, dispose d’un bureau au 4824, Côte-des-Neiges à Montréal. Il fait le tour du Québec, recrute des stagiaires, passe beaucoup de temps dans le sous-sol du Victoriavillois Roland Gingras à préparer les voyages, nolise des avions, assure le suivi. Il organise même des stages en Jamaïque pour des anglophones.

Outre les stages estivaux en Haïti, il nolise des avions pour des voyages socioculturels à Pâques et dans le temps des fêtes. «On disait «ok» pour le grillage de nombril, mais il fallait aussi que les voyageurs passent au moins deux jours dans les mornes et les plaines d’Haïti.»

Il se souvient de ce voyage de 1972 alors qu’atterrissait le plus gros avion de toute l’histoire haïtienne à se présenter à l’aéroport de Port-au-Prince avec ses 360 passagers. «Ils avaient dû descendre d’abord par une échelle de bois et il avait fallu utiliser un «tape à mesurer» pour s’assurer que l’avion puisse se retourner au bout de la piste!»

Toujours pour l’AQANU, André Dallaire a lancé d’autres initiatives, comme ces voyages à New York pour sensibiliser les participants aux missions internationales de l’ONU.

C’est aussi à lui que, pendant une bonne décennie, ont été offerts des Camps d’éducation de développement international (CEDI) à des jeunes ou à des adultes, l’été, les soirs de semaine ou les fins de semaine. Ces camps de simulation ont fait les manchettes. Les animateurs ont dû se défendre jusque devant un tribunal, alors qu’on leur reprochait d’être des «tortionnaires» tant la simulation de conditions de misère était convaincante, rappelle André Dallaire en riant.

Avec la comédienne Angèle Coutu comme porte-parole, André Dallaire avait aussi proposé la formule «vacances services», celle-là destinée à une clientèle de personnes retraitées désireuses d’œuvrer pour quelques jours dans un établissement haïtien. Ce service leur permettait de continuer à partager leur expertise.

«Un autre 50 ans à l’AQANU!»

L’écart s’est finalement creusé entre les intentions de l’AQANU et les activités d’André Dallaire, de sorte qu’il s’en est distancié. «L’AQANU voulait se concentrer sur l’appui de projets en Haïti.» C’était au début des années 1990.

Reste qu’il a toujours suivi l’évolution de l’Association. «Je savais que c’était une roue qui allait tourner longtemps. Je souhaite d’ailleurs un autre 50 ans à l’AQANU, de l’ouverture et de la sympathie à l’égard des autres êtres humains.»

André Dallaire soufflera 80 bougies le 20 juillet

S’il avait prévu la longévité de l’AQANU, il n’aurait pas cru à une aussi grande dégradation des conditions haïtiennes, dont ce triste décompte de 502 kidnappings depuis le début de l’année.

Résidant depuis 50 ans à Saint-Jean-de-Matha, il ne s’est pas éloigné d’Haïti, y menant ses projets et activités à titre personnel.

Il y possède d’ailleurs une maison et a construit deux usines à Croix-des-Bouquets, l’une pour fabriquer des briquettes de charbon, l’autre des bûchettes. La première a été vandalisée, démantelée, toutes les pièces ayant été vendues en Chine, déplore-t-il. La seconde tient encore debout, mais ne fonctionne plus.

Lui et son épouse ne sont pas retournés dans leur maison haïtienne depuis trois ans. «Avec des trous de balle dans la barrière, on a été obligés de revenir. On ne voulait pas risquer de le faire dans un sac de plastique.»

Il dit que l’AQANU a fouetté son «ardeur de développeur».  Il se réjouit du partenariat que l’AQANU a noué avec l’UPA-DI.

La lutte à la désertification, le soutien de la paysannerie haïtienne, l’offre de microcrédit constituent des moyens essentiels pour ce «pays qui descend dans la mer», faisant allusion aux terres agricoles qui se lessivent à la moindre pluie.

Père de trois enfants, grand-père de quatre petits-enfants, il dit qu’il reste attaché à Haïti, par «sympathie humaine». «Tant qu’à se dévouer, on ne peut le faire pour 100 pays à la fois.»

S’il ne peut y remettre les pieds ces temps-ci, reste que des Haïtiens l’interpellent et leurs appels sont déchirants. «Que répondre à cet enfant qu’on a fait instruire et qui ne peut, aujourd’hui, poursuivre ses études à l’université parce qu’il a peur de se faire kidnapper?»

La réponse reste difficile, même pour un André Dallaire.

Hélène Ruel

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