Le déjeuner de l’AQANU Outaouais prévu le 17 avril 2021

Mme Marie-Ève Castonguay, conférencière (Photo: gracieuseté)

 

L’Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies (AQANU) en Outaouais tiendra un déjeuner virtuel le 17 avril 2021, à partir de 11 h, via ZOOM. – Près d’une centaine de participants ont déjà acheté leur billet. Certains ont même profité de l’occasion pour faire un don. Nous vous invitons à faire de même si vous avez oublié de vous inscrire. Il semble que la pandémie n’a pas affecté l’intérêt de nos membres et sympathisants pour venir en aide à nos partenaires haïtiens. Nous ne pouvons que nous réjouir d’une réaction aussi positive de leur part.
Pour plus d’information, ne pas hésiter à communiquer avec nous,
Pierre Gosselin
Contact : 819 568-7462 ou pierre.gosselin048@sympatico.ca

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Un autre déjeuner… virtuel

Le texte est tiré  du Cyber-bulletin 11.4  d’Avril 2021. 

Après celui de l’AQANU Outaouais qui est prévue le 17 avril, ce sera au tour d’AQANU-Granby d’organiser sa rencontre annuelle en mode virtuel.
Toutes les personnes intéressées par des projets de développement durable, à l’économie circulaire et à la solidarité internationale sont invitées au déjeuner-causerie par Zoom le samedi 24 avril de 10 à 11 h 30.
Une invitation particulière s’adresse aux membres du Club des 100, aux fidèles acheteurs/teuses de café et aux ami/es de l’AQANU-Granby et région.
Il faut réserver son lien en écrivant à aqanugranby@gmail.com.
Cette année, AQANU-Granby et région donnera la parole à plusieurs invités pour effectuer un survol de ses activités.
La députée fédérale de Shefford, Andréanne Larouche, prononcera le mot d’ouverture.

Les membres de l’exécutif de l’AQANU-Granby à l’occasion du déjeuner 2020. De gauche à droite, Walter Fleuristil, Pierrette Ruel, Germain Touchette, Clément Roy, Julie Ostiguy et Ricardo Germain. Depuis, M. Fleuristil a quitté le comité, alors que Pierre Brun et Robert Marquette s’y sont joints. (Photo Hélène Ruel)

Un hommage sera rendu à tous les collaborateurs et supporteurs de l’AQANU-Granby et région
On traitera de la route du café, d’Haïti à Granby en passant par Noula et l’atelier-café des étudiants de la classe du programme de formation en intégration sociale.
Actuellement en Haïti, la journaliste Josiane Desjardins présentera les résultats du projet Les Savoirs des Gens de la Terre à Baptiste.
Sera également présenté le projet agroforestier «Carbone Ayiti» en partenariat avec l’Union des producteurs agricoles- Développement international (UPA-DI).
Soeur Mamoune Maurice, de la communauté haïtienne des Petites soeurs de Sainte-Thérèse, traitera du projet expérimental d’aquaponie à la ferme-école de Fort Liberté en Haïti.
Enfin, une invitation sera lancée pour participer à une chaîne de solidarité.
Les membres de l’exécutif de l’AQANU-Granby et région

 
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Germain Touchette, celui qui croit

Ce texte est tiré du Cyber-bulletin 11.4 de l’AQANU

«J’ai fait 86 ans, j’ai été heureux. J’espère l’être de l’autre côté.» Germain
Touchette croit. Il a toujours cru à l’esprit éternel. Jadis, sa foi était de
confession catholique. Aujourd’hui, il croit en Dieu, en sa Parole.
Et il croit en l’AQANU à laquelle il continue d’apporter sa contribution, à la
mesure de ses moyens, malgré un cancer qui le ronge.
Installé dans une résidence de McMasterville, il fait partie du comité de
projets de l’AQANU. Avec Christiane Bruyère et Reginald Sorel, il accueille,
analyse et évalue les projets, à l’aune des valeurs de l’AQANU, avant d’en
recommander l’acceptation par le conseil d’administration.

C’est l’épouse de Germain, Yola Joseph (au centre), décédée en 2010, qui l’a aiguillé vers l’AQANU. (Photo gracieuseté)

C’est par le biais de sa conjointe d’origine haïtienne, Yola Joseph (décédée le
19 décembre 2010) que Germain a commencé à s’engager à l’AQANU.
Comme elle ne conduisait pas la voiture, Germain la menait partout où elle
souhaitait aller. Elle voulait faire beaucoup de choses pour son pays qu’elle
avait dû quitter en 1970, fuyant le régime Duvalier, rappelle Germain. Et
Yola souhaitait faire émerger l’AQANU dans la région de Granby.
Germain a connu Yola alors que la communauté religieuse (des Chanoines
réguliers de l’Immaculée Conception) dont il avait fait partie durant une
vingtaine d’années l’avait recrutée pour animer des ateliers adaptés pour les
personnes handicapées. «Elle était plus compétente que moi», dit encore
Germain, faisant allusion tout autant à l’expérience de son épouse qu’à sa
formation.
Originaire de Saint-Valérien, deuxième d’une famille de dix enfants, Germain
avait abandonné l’école très tôt pour s’occuper de la ferme, surtout des
poules, souligne-t-il. À 15 ans, il fréquente l’école d’agriculture de la communauté religieuse installée à Brigham. «À l’époque les horizons étaient plus restreints.» La «liturgie et les belles cérémonies» ont convaincu l’homme «pas instruit que j’étais» de revêtir l’habit de frère convers.
Semi-cloîtré durant deux décennies, Germain a pris la décision de sortir de la communauté. «Trop d’affaires me brimaient», résume-t-il, évoquant entre autres le peu de cohérence entre «ce qui se disait et se faisait».

«Les démarches ont été longues. L’autorisation du pape n’est venue qu’un an et demi plus tard, le supérieur ayant oublié d’envoyer ma demande.»
Après des études en éducation et jusqu’à sa retraite à l’âge de 62 ans,
Germain a travaillé avec des personnes handicapées, à Cowansville puis à Granby où Yola et Germain, s’étant épousés le 7 juillet 1973, se sont installés dans leur maison. Deux filles sont nées de leur union, Magali et Cynthia.

Germain Touchette, ses filles et ses petits-enfants. (Photo gracieuseté)

La «grande quête» menée à la suite du séisme de janvier 2010 en Haïti a
vraiment fait naître l’AQANU dans la région de Granby. Beaucoup de réunions ont eu lieu dans la maison de Yola et de Germain à Granby.
Et c’est un peu pour honorer la mémoire de son épouse que Germain acontinué de s’investir dans l’AQANU, cette fois directement. Pendant de nombreuses années, il en a été le trésorier et le président. C’est lui
qui recevait le café haïtien, ce fameux café qui a développé l’autonomie de
l’AQANU-Granby. «Avant, l’argent qu’on amassait dans la région était
envoyé à l’AQANU-Outaouais.»
Ainsi, pendant plusieurs années, dans sa maison, Germain moulait et
ensachait le café. «Avec la vente de café, on a mis fin aux quêtes. On le
payait 8 $, on le vendait 15 $, la différence visant à aider les producteurs, à
faire du développement plutôt que faire la charité.»
Avec Yola, Germain s’est rendu en Haïti à deux reprises. Une première fois
en 1985 pour visiter la famille de son épouse. La seconde pour assister aux
funérailles d’une tante chez qui elle avait vécu.
Grand-père de trois petits-enfants, Germain a toujours le «besoin de faire
quelque chose».
Il estime que l’AQANU est promise à un bel avenir si elle continue de
s’adapter. Il voit d’un très bon œil qu’elle s’appuie sur l’engagement de
plusieurs personnes d’origine haïtienne comme c’est le cas actuellement.
«C’est ce qu’on visait!»
Bien qu’il se dise «en fin de vie» – «mais peut-être que j’en ai encore pour
dix ans!» -, il témoigne d’une bienheureuse confiance en l’avenir, le sien,
celui de l’AQANU et des Haïtiens dont il croit qu’ils «commencent à se
prendre en main».
Hélène Ruel

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La tablée des timoun

Les cantines profitent tout autant aux écoliers qu’aux femmes et aux producteurs ( Photo UPA-DI)

Depuis 2014, AQANU-Montréal soutient les cantines scolaires et les cuisines collectives de Rivière Froide.

Malgré l’instabilité quasi permanente en Haïti, 225 élèves de l’école Notre-Dame de Fatima ont pu bénéficier de leurs repas tous les jours d’école des mois de décembre 2020 et de janvier 2021.
À cela s’ajoutent les dix cuisinières qui, en rotation hebdomadaire, assurent le service et ont ainsi accès à un modeste revenu mensuel tout en rapportant à la maison un repas pour leur propre famille.

Tout cela s’est réalisé grâce aux paysannes et paysans de la région qui ont trouvé, dans les cuisines collectives et cantines scolaires, un réel marché pour vendre leurs produits. Voilà donc des jeunes qui peuvent aller à l’école et apprendre sans avoir faim.
Merci à tous celles et ceux qui soutiennent les cantines.

Rappelons que la date du 2 octobre 2021 est retenue par AQANU-Montréal pour tenir son activité annuelle de financement : le quillethon.

D’ici là, nous souhaitons que le virus et tous ses variants s’éteignent avec l’arrivée des beaux jours et des vaccins.

Danielle Marcotte

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Un dimanche à Granby entre amis de l’AQANU

Un changement a été apporté à la date et au mode de la rencontre. L’événement se déroulera le samedi 24 avril à 10 heures sur zoom. Le Cyber-bulletin d’avril fera la mise à jour.

Pour s’inscrire et recevoir le lien zoom: aqanugranby@gmail.com

Les ami.es de l’AQANU-Granby et région peuvent déjà retenir leur après-midi du dimanche 18 avril pour leur rencontre annuelle.

C’est sur le thème de l’environnement, de l’autosuffisance alimentaire et du mieux-être économique que chacun.e de vous est invité.e à participer à la rencontre annuelle, des amis de l’AQANU Granby et région.

Les membres du Club des 100, les acheteurs de café et toute la population sont invités à la présentation des projets de développement durable à Baptiste et à Fort Liberté en Haïti.

Mme Andréanne Larouche (Photo: gracieuseté)

Plus d’informations seront communiquées dans le Cyber-bulletin du 1er avril. Si les mesures sanitaires ne le permettent pas, l’activité sera tout de même maintenue et accessible par Zoom.

Nous remercions la députée fédérale de Shefford Andréanne Larouche pour cette activité tenue en partenariat.

Clément Roy

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Le déjeuner de l’AQANU revient cette année en virtuel

L’Association québécoise pour l’avancement des Nations Unies (AQANU) en Outaouais organise un déjeuner bénéfice depuis plus de trente ans dans le but d’amasser des fonds destinés à financer des projets de développement en Haïti. Exceptionnellement, cette importante activité aura lieu cette année en virtuel à cause de la pandémie. Elle se tiendra le 17 avril 2021, à partir de 11 h, via ZOOM.

Mme Marie-Ève Castonguay (Photo: gracieuseté)

Native de l’Outaouais, la conférencière sera Mme Marie-Eve Castonguay, Première secrétaire (Développement) à la Mission permanente du Canada auprès de l’Organisation des Nations Unies. Le titre de sa présentation sera : “Le Canada aux Nations Unies : perspectives de New York”. Il faut rappeler qu’elle a été l’une des agentes de l’ACDI avec laquelle l’AQANU a eu le plaisir de travailler lors de la construction de l’École de formation professionnelle à la mémoire du sgt Mark Gallagher. Par la suite, elle est passée au service de l’Ambassade du Canada en Haïti.

En 2020, plusieurs activités de collecte de fonds ont dû être annulées. En raison du soutien continu de donateurs, nous avons tout de même été en mesure de respecter nos engagements envers les projets tels que “Les Savoirs des Gens de la Terre”, “Les Ateliers de transformation André David”, “Les Demi-bourses pour les étudiants de l’École Gallagher”. En raison de l’urgence de la situation, nous avons en plus financé un projet de sensibilisation à la COVID et à la fabrication de couvre-visages à Rivière-Froide.

Nous vous encourageons à nous soutenir en participant à cette activité bien spéciale. Les billets se vendent 25,00 $ chacun et un reçu aux fins d’impôt de 25.00 $ vous sera remis. De plus, vous serez éligibles à un tirage (bouteilles de rhum, café, vanille haïtienne, etc.).
Vous pouvez réserver votre billet avant le jeudi 15 avril par l’un ou l’autre des moyens suivants : – Comptant ou par chèque libellé à l’ordre de AQANU et remis ou posté à votre vendeur ou à l’adresses suivante : 304-473 rue de Cannes Gatineau QC J8V 4E6; – Par virement Interac envoyé à tresorerie@aqanu.org puis communiquer la réponse à la question secrète dans un courriel distinct à la même adresse ( tresorerie@aqanu.org ) et veuillez préciser le nom de l’événement « Déjeuner 2021 »;  ou ici même par


Nombre de personnes



Dans la semaine précédant l’activité, nous vous ferons parvenir le lien Zoom qui vous permettra de participer à l’événement.

Plusieurs personnes profitent du déjeuner annuel pour joindre le Club des 100 ou renouveler leur cotisation. Nous vous invitons à le faire.

Haïti et nos partenaires haïtiens ont besoin d’assistance suite aux multiples épreuves dont ils sont victimes. Grâce à une activité telle que ce déjeuner, l’AQANU réussit à financer là-bas des projets en collaboration avec ses partenaires, tels que les Petites Sœurs de Saint Thérèse (PSST) et la fédération paysanne « Encadrement des Petits Paysans des Mornes et des Plaines en Haïti » (EPPMPH).

Pour plus d’information, ne pas hésiter à communiquer avec nous,

Pierre Gosselin Contact : 819 568-7462 ou pierre.gosselin048@sympatico.ca

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En direct d’Haïti

Ce texte, tiré du Cyber-bulletin de mars 2021, en regroupe les trois premières sections. 

Ce Cyber-bulletin de mars revêtira un caractère un peu particulier, en faisant une pause de notre galerie de portraits de membres de l’AQANU. On avait d’abord pensé traiter de la condition des femmes haïtiennes à l’approche du 8 mars. Puis, on s’est dit qu’on ne pouvait passer sous silence tout ce qui, socialement et politiquement, agite le pays ces semaines-ci.

Photo: gracieuseté

Alors on a lancé un appel à des partenaires pour leur demander de témoigner de leurs conditions de vie quotidienne à l’heure de l’insécurité alimentaire, des divisions politiques, des kidnappings, des guerres entre gangs, de la
violence conjugale, des attaques contre les policiers, les journalistes, les assassinats. Et on n’a pas parlé du coronavirus!
Sans solliciter leur opinion politique sur la légitimité ou non du prolongement du mandat du président Jovenel Moïse, on leur a aussi demandé s’il voyait des lueurs d’espoir à l’horizon. Et si oui, lesquelles ?

On publie ici et, dans leur intégralité, deux témoignages. Le silence des uns, la demande d’anonymat pour deux autres en disent long sur le climat d’insécurité qui règne en Haïti. Pour assurer la protection des personnes ayant accepté de livrer leurs impressions, on taira donc leur identité. On se contentera de dire que l’une est une partenaire de longue date et que l’autre, une «Haïtiano canadienne», est une professionnelle retraitée qui séjourne pendant l’hiver à Corail, sa patrie, afin de redonner un peu de ce qu’elle a reçu.

Voici le premier des deux témoignages en provenance de Port-au-Prince.

Une insécurité qui perdure

Depuis plusieurs mois, Haïti vit une nouvelle vague d’insécurité qui a commencé avec une longue période de « pèyi lok » (pays fermé) de trois mois à la fin de 2019 suivie de grèves et de manifestations.

Photo: gracieuseté

À ces formes de résistance, sont venues s’ajouter les guerres entre les gangs pouvant empêcher la circulation dans certains quartiers souvent sans avertissement à n’importe quel moment, les kidnappings (enlèvements) contre rançon affectant plus directement les familles haïtiennes et l’impuissance des forces de l’ordre devant cette situation.
Depuis quelque temps, les ruptures dans l’approvisionnement régulier de la gazoline sont assez fréquentes et les périodes de coupure d’électricité sont de plus en plus longues, ce qui ne fait qu’empirer l’insécurité.
La répression s’est aussi aggravée lors des manifestations et on a même été témoin d’attaques contre les journalistes. Les divergences politiques sont en grande partie responsables de cette situation difficile.

Sortir ou pas?

Comment on vit tout ça? Même si on ne s’habitue pas à ces situations on développe des moyens qui nous permettent de continuer à vivre notre quotidien. En temps «normal» je suis les nouvelles régulièrement. J’ai élargi mes heures d’écoute, car plusieurs stations de radio ont des journalistes dans les différents coins de la capitale dès 5 heures du matin qui décrivent la situation en temps réel : présence de transport en commun ou pas, présence d’élèves et de marchand/es dans les rues, circulation fluide ou présence de barricades, etc. Ces reportages du matin donnent déjà une idée pour décider si on pourra se déplacer pour aller au travail ou pas. Si c’est un jour de grève générale et que tout est fermé, c’est évident qu’on ne sort pas.

Pendant toute la journée, on reste branché surtout si on a annoncé des manifestations. Comme les manifestations commencent rarement avant midi et souvent au centre-ville, on peut donc prendre la chance de se rendre au bureau le matin. Cependant, ceux qui devront passer par les zones prévues
dans le parcours des manifestations, au retour à la maison, ne risqueront pas de sortir le matin.

J’ai l’avantage de demeurer à proximité de mon travail et cela me prend moins de 10 minutes en voiture pour m’y rendre. Je dois vous avouer que depuis un an j’ai été une des employés la plus permanente de mon groupe à être présente au travail. Comme je n’avais pas trop d’excuses de ne pas me rendre sur place (proximité, voiture, loin du centre-ville), je rendais donc service en assurant une présence plus permanente dans le bureau.

Bien sûr, le télétravail et les rencontres Zoom sont rapidement devenus le nouveau mode de travail pour les cadres ayant accès à un portable et à l’électricité à la maison. Pour la grande majorité de la classe moyenne, ces deux éléments sont plutôt rares…
Même si je n’ai jamais eu l’habitude de sortir souvent, j’ai commencé à limiter mes déplacements au fur et à mesure que le niveau d’insécurité augmentait. Ça fait plus d’un an que je ne vais plus rendre visite aux dames âgées du foyer situé dans une zone du centre-ville. Je vais à l’épicerie une seule fois par semaine et la plupart du temps j’en fréquente une située pas trop loin de chez moi. Les longues périodes de coupure de courant affectent aussi notre façon de s’alimenter. Les jeunes de mon voisinage me rendent service et m’achètent des petits blocs de glace (s’il n’y a pas eu d’électricité pendant deux jours !) que je place dans le congélateur qui sert de «réfrigérateur». Il faut dire que depuis le tremblement de terre de 2010, j’ai aussi pris l’habitude de garder une réserve de produits en conserve qui permettraient de survivre pendant quelques jours. Donc, au cas où une longue période d’insécurité surviendrait, je serais préparée.

Vivre avec 200 $ par mois

Mais tout ce que je viens de décrire ne s’applique pas à la grande majorité des familles haïtiennes. Plusieurs vivent au centre-ville ou doivent passer par le centre-ville pour se rendre à leurs occupations. Les amis que je connais limitent aussi leurs sorties au marché public et s’assurent de revenir à la maison avant 9 heures du matin. L’accès à l’électricité demeure un sérieux problème. Ceux qui ont les moyens commencent à s’équiper de quelques panneaux solaires. Mais la grande majorité ne peuvent pas écouter la radio pour se tenir au courant des situations en temps réel ou recharger leur
téléphone. On comprend que les réseaux sociaux sont devenus le moyen le plus rapide de faire circuler les nouvelles.

Photo: gracieuseté

Il faut souligner l’impact de cette situation sur la grande majorité des familles qui vivent au jour le jour soit avec le commerce informel ou un maigre salaire. On lance souvent des alertes d’insécurité alimentaire, mais il est difficile d’améliorer la situation dans un tel climat. Avec les ruptures de stock de gazoline et les grèves, les produits arrivent plus difficilement à la capitale et les prix augmentent. Ce qui ne fait qu’aggraver la situation de la grande majorité. Après tout ce temps en Haïti, je n’arrive toujours pas à comprendre comment une famille fait pour vivre avec 200 $ par mois quand elle doit se nourrir, payer le loyer, les factures d’eau et d’électricité, envoyer les enfants à l’école (80% des écoles sont privées et la scolarité coûte cher), les habiller et se déplacer en transport public.

On avait prédit la catastrophe

Et le coronavirus? Autant les Haïtiens avaient peur du virus avant son arrivée dans le pays en mars 2020, autant maintenant la majorité ne croit pas que le virus soit présent dans le pays. Pour une population de près de 12 millions d’habitants, il n’y a, jusqu’à maintenant, que 12 000 cas confirmés et moins de 250 décès. On n’a pas encore trouvé l’explication à ce bas taux de propagation même si certains avancent le fait que les Haïtiens vivent surtout à l’extérieur et boivent beaucoup de tisanes maison. On avait pourtant prédit la «catastrophe»! On continue à exiger le port du masque dans les endroits publics et le lavage des mains. Le «corona», comme on l’appelle en Haïti, ne fait plus partie des problèmes importants de l’heure…

Et la santé mentale? Le stress de vivre ces situations dangereuses et ses conséquences sur la vie familiale, les enfants et la santé en général est présent partout. Maintenant, en Haïti, surtout dans la capitale, les gens vivent avec une peur constante.

Et les projets de l’AQANU?

Et l’impact sur la réalisation des projets en cours de l’AQANU? Les projets se déroulant surtout en milieu rural dans la région éloignée de Pilate, ils ne sont pas trop affectés par cette situation d’insécurité. Par contre, les élèves du projet d’appui à la scolarisation qui habitent Port-au-Prince pourraient être contraints de rester à la maison les jours de grandes manifestations. Les écoles ont toutefois mis en place des mécanismes pour continuer les cours. Même ceux qui n’ont pas accès à l’internet peuvent passer prendre les copies des leçons et devoirs à l’école.
Y’a-t-il des lueurs d’espoir? A court terme, je ne pense pas. Il faut des réformes constitutionnelles et des élections. On a aussi besoin de dialogue et les deux groupes (ceux au pouvoir et ceux de l’opposition) ne semblent pas encore préparés pour ça. Si les deux groupes ne trouvent pas un terrain
d’entente, la situation ne changera pas. Les pressions tant à l’intérieur que de l’extérieur du pays doivent se poursuivre.

Et voici l’autre portrait tracé par une Haïtiano canadienne séjournant à Corail

Port-au-Prince n’est pas Haïti

Corail n’est pas Port-au-Prince; Port-au-Prince n’est pas Haïti. Même si les besoins sont criants, les problématiques identifiées ne se situent ni autour des kidnappings, ni autour de la violence policière, ni même la contamination de masse.

Déconfinement

Photo: gracieuseté

On se promène librement dans cette petite localité en zone côtière de la Grand’Anse située à 260 km de la capitale. Ce que nous observons, c’est quelques graffitis peints la nuit sur les murs de maisons, signe de la présence timide de représentants de l’opposition. En effet, grâce à une belle collaboration entre le représentant de la zone au parlement haïtien et le gouvernement en place, une dizaine de kilomètres de route construite l’an dernier sort Corail de son isolement. On est si bien à Corail qu’un visiteur européen en a fait écho du potentiel de la zone en la comparant à SaintTropez du sud de France. L’union fait la force et procure la paix.

Chômage et santé

Il faut avouer que nous avons observé des enfants souffrant de malnutrition, des jeunes femmes carencées en fer en raison de la rareté d’alimentation protéinée. Nous avons observé des jeunes découragés qui essaient d’adopter le taxi-moto comme moyen de survie. Ces derniers fuient la campagne ce qui crée une pénurie de relève en agriculture entraînant du coup une pénurie de nourriture pour l’ensemble de la population.

Agriculture et pêcherie

Photo: gracieuseté

La pêche et les denrées alimentaires telles que le café, le cacao, le manioc furent traditionnellement les sources de revenus principales de cette localité. De nos jours, la plupart de ces produits sont transformés en denrées rares. Vu la tendance à la baisse des précipitations, ce qu’il faudrait à Corail c’est du
soutien aux paysans, de l’aide technique afin d’augmenter la production de vivres, la diversification des cultures agricoles, de l’engrais, en plus d’un système de captage d’eau. Du soutien pour pêcherie en haute mer serait aussi de mise. L’agriculture et la pêcherie doivent être revigorées par la réplique de modèles réussis ailleurs.

Ressources et économie

Photo: gracieuseté

Corail pourrait aussi bénéficier d’une pisciculture dans la mer, ou en eau douce ce qui redonnerait à la zone ses lettres de noblesse. La mer de Corail est toujours calme, ce qui en fait une oasis en temps de cyclone pour les navigateurs. Les entrepreneurs de cette localité se sont réunis tout récemment dans le but de s’incorporer à la chambre de commerce déjà formée au niveau de la Grand’Anse. La réplique de telles initiatives à travers le pays pourrait générer des emplois et sortir le pays de sa torpeur. La relance de l’économie passe par la mise en commun des ressources.

Résilience

Photo: gracieuseté

La résilience de cette population l’a jusqu’à maintenant préservée de la pandémie. Toutefois certaines mesures d’hygiène continuent d’être appliquées même si le port du masque n’est pas généralisé. C’est obligatoire de se masquer pour accéder à certaines institutions publiques. Selon un membre du personnel de l’hôpital de Corail, il y a une immunisation collective à Corail et par ricochet, en Haïti. Corail n’est pas affecté par la pandémie.

Lueur d’espoir pour Corail, pour Haïti?

Corail est une communauté vibrante et riche de sa jeunesse, de sa culture, de ses ressources, de sa beauté naturelle, de ses îlots. Haïti est riche de sa diaspora. Une diaspora dont le cœur est resté dans sa terre natale et la tête qui fait du surplace et qui demeure à la merci des mauvaises nouvelles et des soubresauts provenant de la capitale du pays.

Si ailleurs dans le monde c’est la Covid-19 qui menace les vies, en Haïti, ce sont les menaces provoquées par les changements climatiques, l’instabilité politique, le déboisement, la corruption individuelle et systémique, la surpêche des petits poissons, la disparition graduelle des denrées remplacée par l’importation en masse des produits de première nécessité qui font craindre l’avenir. Haïti ne pourra pas s’en sortir sans l’aide extérieure. La première révolution noire, Haïti terre de liberté universelle ne peut pas mourir.

Photo: gracieuseté


Haïti a besoin de ses fils pour faire de l’union une force motrice qui se déplace vers l’avant. Cette force c’est sa jeunesse, sa diaspora, ses ressources inexploitées, la résilience de sa population. Qu’arriverait-t-il si 20 membres d’une diaspora éclairée décidaient de s’installer à Corail? Tout comme le malade a besoin de remède, Haïti va devoir joindre ses forces à celles de l’aide extérieure pour se relever.

Qu’en dit notre premier ministre fédéral libéral qui bénéficie des votes de la grande majorité des Canadiens d’origine haïtienne concernant l’aide au développement d’Haïti

Hélène Ruel

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AQANU-Granby carbure au reboisement et à la culture

Ce texte est tiré du Cyber-bulletin 11.2 de février 2021

S’il est un autre projet «porteur» aux plans environnemental, économique et social, c’est bien celui intitulé Carboneutre Ayiti, soutient Clément Roy, président d’AQANU-Granby.

Un producteur de café examine sa culture. (Photo Josiane Desjardins)

L’AQANU-Granby injectera en effet 10 000 $ dans ce projet visant à reboiser des terres dans la région de Baptiste en Haïti, ce reboisement permettant la
culture du café (les caféiers poussant à l’ombre) et, par conséquent, de procurer des revenus aux producteurs et des crédits de la bourse volontaire de carbone à leur coopérative.
Le projet s’inscrit tout à fait dans la politique de développement durable qu’a adoptée l’AQANU, souligne Clément. «Pour qu’un projet ait de l’impact, trois composantes sont nécessaires : la protection de l’environnement, le soutien d’une économie solidaire et le renforcement d’organisations déjà présentes.»
L’AQANU constitue l’un des partenaires de cet ambitieux projet dans lequel s’investissent également UPA-DI (Union des productions agricoles – Développement international), l’entreprise sherbrookoise Écotierra ainsi que l’Union des coopératives de café de Baptiste (UCOCAB), laquelle fédère près d’une dizaine de coopératives. La coopérative nOula qui importe et distribue le café de l’UCOCAB fait aussi partie de ce partenariat.
L’argent de l’AQANU-Granby servira à créer deux des huit pépinières d’où les plantules seront ensuite transplantées dans ces parcelles de terre ayant fait l’objet d’un long processus d’accréditation.

Une parcelle de terrain qui sera reboisée. (Photo UPA-DI)

Clément Roy explique que pour chaque hectare, il faut planter entre 200 à 300 gros arbres afin d’abriter quelque 4000 caféiers. «D’autres productions pourraient aussi être envisagées, comme l’avocat.»
Il poursuit en disant que pour cette première phase visant le reboisement d’une trentaine d’hectares, 45 paysans ont été choisis. À ce jour, on a pu semer 20% des plants, une autre opération de ce genre devant avoir lieu au printemps 2021.

Exemple d’une pépinière qu’AQANU-Granby finance pour des plantations en mars et avril. (Photo UPA-DI)

La présentation de ce projet a suscité beaucoup d’intérêt dans la région de Granby, dit encore le président. «Parce qu’il est tangible, nous nous sommes attirés de nouveaux donateurs et avons pu conserver l’intérêt de nos anciens.»
L’AQANU-Granby s’est engagée dans ce programme pour trois ans auprès d’UPA-DI.
Il s’agit du sixième projet que finance l’AQANU-Granby depuis sa formation, ayant soutenu un projet d’adduction d’eau, de la création d’un registre des producteurs de café, de vente de café, du programme Le savoir des gens de la terre (avec l’UPA-DI). Tout en poursuivant la vente de café, l’AQANU-Granby travaille aussi à un projet d’implantation d’un système d’aquaponie à la ferme des Petites soeurs de Sainte-Thérèse à Fort Liberté en Haïti.

Transport des plantules de café. (Photo UPA-DI)

Hélène Ruel

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