Un quillethon toujours aussi pertinent

Invitation au quillethon annuel de l’AQANU-Montréal: Édition 2021

La 12e édition du quillethon de l’AQANU-Montréal se tiendra le samedi 2 octobre 2021. Cette année encore, dans le respect des mesures sanitaires de distanciation sociale et d’hygiène adoptées par les ligues professionnelles de quilles du pays, l’activité sera accueillie par le Salon de quilles Grande-Allée, situé au 1400, rue Grande -Allée, à Terrebonne.

Votre participation à cette édition est essentielle car, suite au dernier séisme meurtrier du 14 août 2021 qui vient de frapper Haïti, les fonds collectés à travers ce quillethon permettront à l’AQANU de continuer à nourrir l’espoir chez les populations bénéficiaires de ses actions en Haïti.


Informations importantes.

Date : Samedi, 2 octobre 2021,

Heure : de 14 h 30 à 18h

Coût pour 3 parties : – 25 $ pour les adultes – 10 $ pour les enfants de 12 ans et moins

Rafraichissements : Consommation sur place

Veuillez réserver et effectuer le paiement des billets, de préférence par chèque, auprès de l’un ou l’autre des contacts suivants :

Andrée Fortin andree.fortin39@gmail.com 514-461-1176

Jean Emmanuel Léon jeanemmanuell@yahoo.fr 514-213-2040

Jeannine Paré parejeannine14@gmail.com 450-941-0755

Daniel Amazan docdany26@hotmail.com 514-501-8990

Danielle Marcotte dmarcotte87@gmail.com 450-621-5952

Jean Max St Fleur stfleurjeanmax@gmail.com 438-989-8329

Jocelyne Voyer jocelyne.voyer@sympatico.ca 450-621-2064

Marie Nikette Lorméus nikettel@yahoo.fr 438-829-7399

Witchner Orméus witchner@yahoo.fr 438-884-5545

N.B– Si vous ne pouvez être présent à l’activité, mais souhaitez appuyer la cause, vous pouvez offrir un don par chèque, libellé au nom de l’AQANU, et le faire parvenir à Danielle Marcotte, 221 Labonté, Rosemère, J7A 3M6.

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Quatre classes s’ajoutent à Fort Liberté

Ce texte est tiré du Cyber-bulletin 11.9 de l’AQANU

Grâce, notamment, à la générosité de membres de l’AQANU et à la Fondation Mgr Joseph Chevalier de Gatineau, les Petites soeurs de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus (PSST) ont pu ajouter quatre nouvelles classes à l’école de leur ferme de Fort Liberté en Haïti.
Cette école, rappelle soeur Marie Mamoune Maurice qui a produit le bilan du projet, a été construite en 2016 sur le site de la ferme des PSST. L’école accueille les enfants des paysans qui y travaillent; ces derniers n’ont pas à se soucier de frais de scolarité.

Quatre classes ont été ajoutées à cette école primaire ouverte en 2016. (Photo PSST)


L’école primaire est fréquentée par 237 élèves. Neuf membres du personnel enseignant, un gardien, une ménagère et une directrice y travaillent.
L’année scolaire a été perturbée par la crise sociopolitique, de sorte que plusieurs jours de classe ont été perdus et que, pour la première fois, les taux d’abandon et d’échec ont connu un triste record, de 7,59% et de 11,87% respectivement, note soeur Mamoune.
Dans son rapport, elle mentionne que les parents s’engagent dans toutes les activités parascolaires de l’école, participent activement à la préparation et l’entretien des jardins scolaires.

Les fêtes de Noël et de Pâques, le carnaval des étudiants, la fête des Mères et le bicolore national ont été soulignés.
«Il y a eu une fête finale organisée en juin pour les enfants du préscolaire qui vont en première année fondamentale avec la participation de toutes les classes. Des journées agroécologies, des jardins scolaires et des activités de reboisement ont été au rendez-vous durant l’année. L’ensemble des élèves sont impliqués dans des activités agricoles de la ferme», écrit encore sœur Mamoune.
Elle regrette que l’école ait dû fermer ses portes un mois à l’avance en raison de la deuxième vague de COVID-19 qui a fait rage en Haïti.
La religieuse remercie la Fondation Mgr Joseph Chevalier, le comité d’Aide
Haïti, Louis Prud’homme pour le don de centaines de livres et de manuels scolaires, Louis Lamontagne pour sa contribution mensuelle, tous les donateurs de la Fondation et le couple que forment Véronique et Grégoire Ruel (membres de l’AQANU) pour leur «complicité dans le plein développement de l’école».
Hélène Ruel

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Le fonds de contrepartie du Canada

Le gouvernement du Canada a annoncé aujourd’hui la création d’un fonds de contrepartie en réponse au tremblement de terre en Haïti. Le Canada versera une somme égale à chaque don effectué par des particuliers canadiens à la Coalition humanitaire et à ses membres entre le 16 août et le 3 septembre 2021, jusqu’à concurrence de 2 millions de dollars. Le fonds de contrepartie, créé en collaboration avec la Coalition, aidera le Canada à mobiliser des ressources pour fournir une aide vitale à la suite du tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti le 14 août 2021.

  Document d’information : Fonds de contrepartie pour le séisme en Haïti

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Aide fournie à Corail

L’AQANU a octroyé un montant d’urgence qui a permis de répondre immédiatement aux besoins des sinistrés de Corail et des environs. Grâce à l’appui d’un comité d’urgence mis en place par l’ADC, les paysans des campagnes ont été approvisionnés en eau traitée. Plusieurs ont exprimé leur gratitude en disant que l’ADC est la première organisation à les avoir secourus par la distribution d’eau.


Plusieurs tentatives d’aide ont échoué parce que des camions ont été pillés en route par des personnes affamées. Toutefois, la distribution organisée par l’ADC a réussi grâce à la proximité et aux bonnes relations établies au fur et à mesure des projets réalisés dans cette région depuis quelques années.


La distribution de prélats a commencé, ce qui constitue une denrée rare, ces jours-ci, sur le terrain. Dès la semaine prochaine, nous allons offrir de la nourriture à presque deux milles personnes, une fois par semaine et pendant deux semaines, en attendant l’arrivée d’autres organisations.
La population qui dort à la belle étoile continue de préoccuper. Il faut espérer que de l’aide substantielle arrivera bientôt.
Pour le moment, l’ADC répond aux urgences tout en constatant avec regret les multiples besoins des sinistrés.
Michel Decoste

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L’AQANU soutient ses partenaires haïtiens

Du côté de l’AQANU, le conseil d’administration a résolu d’organiser une campagne de financement pour soutenir ses partenaires de longue date, comme l’Amicale pour le développement de Corail (AQANU-Outaouais) et les Petites sœurs de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus (PSST).

L’église Saint-Pierre de Corail après le séisme du 14 août. (Photo fournie par Gertha et Michel Decoste)

Jusqu’à maintenant, cette campagne amorcée quelques jours après le séisme du 14 août a permis d’amasser la somme de 19 400,00 $ au 31 août 2021. D’autres montants sont à venir.

Le tremblement de terre a affecté deux fraternités de la congrégation des PSST à Vieux Bourg d’Aquin et Baradères. Deux de leurs maisons ont été fortement endommagées et l’hôpital de Baradères dont elles ont la responsabilité a subi des dégâts. Une de leurs écoles a été partiellement détruite. Et c’est sans compter la perte de meubles et de matériels. Une religieuse a été blessée, mais son état ne l’empêche pas de prendre soin des victimes.

À Corail, Gertha et Michel Decoste qui s’y dévouent depuis plusieurs années dans divers projets ont envoyé des photographies témoignant de l’ampleur de la dévastation.

Dans la région de Corail, l’Amicale, partenaire haïtien de l’AQANU, offrira de l’aide d’urgence à la population. (Photo fournie par Gertha et Michel Decoste)

Les dons recueillis par l’AQANU visent à soutenir nos partenaires afin qu’ils puissent subvenir aux besoins immédiats (de l’eau, de la nourriture, des couvertures, des médicaments, etc.) de la population des régions affectées par le séisme.

Sur le site de l’AQANU (https://www.aqanu.org/), on peut contribuer à cette campagne de financement. Par la poste, on peut faire parvenir un chèque à l’AQANU en mettant «séisme» comme objet à : Secrétariat général de l’AQANU, 473, rue de Cannes, unité 304, Gatineau, Québec J8V 4E6

Hélène Ruel

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Marie Nikette Lorméus : douleur et espérance

 

Lors de sa dernière mission en Haïti en 2018, Marie Nikette réalise une entrevue avec une étudiante en agriculture dans la région des Cayes. (Photo gracieuseté)

 

Ce portrait de Marie Nikette Lorméus pourrait s’amorcer par le même angle que par celui de son mari, Witchner Orméus, publié dans le Cyber-bulletin d’août dernier.
En juillet, Haïti était atterré par l’assassinat de son président. En août, un séisme – de la même amplitude que celui de 2010 – a fait plus de 2000 morts, blessé et déraciné des milliers de personnes dans le sud-ouest du pays.
On ne peut donc faire autrement que de s’entretenir d’abord de la triste
actualité haïtienne.
«On vit la peur au ventre», s’exclame, d’emblée, Marie Nikette. Née à Port-au-Prince, elle connaît très bien la région affligée par le séisme, sa mère étant originaire de L’Asile (Lazil en créole) et où résident encore quelques-uns de ses parents.

Marie Nikette travaille à la Maison des jeunes de Rivière-des-Prairies.
(Photo gracieuseté)

Depuis le 14 août, jour du séisme, Marie Nikette a fébrilement reçu et pris des nouvelles de ses proches toujours en Haïti, particulièrement de son parrain, échangeant messages, textos, vidéos. Un sentiment d’impuissance la tenaille. Celle qu’elle a toujours considérée comme sa soeur et qui réside à Gros Marin lui a dit être sous le choc après avoir vu des gens «rouler» par terre au marché.
Heureusement parmi les siens, personne n’est mort ou n’a été blessé par ce séisme. Mais tous sont ébranlés. Et le traumatisme est d’autant plus grand qu’ils ont aussi survécu au séisme de janvier 2010.
En 2010, ce parrain dont Marie Nikette parle avec tant d’affection avait perdu neuf des siens, dont son épouse et son frère. Elle se revoit dans le
stationnement de l’édifice où elle travaillait à l’époque. Elle ne comprenait pas trop ce qu’elle était en train de vivre, voyant des gens courir dans les rues, certains ensanglantés, s’étonnant des fumées s’élevant dans le ciel.
Elle avait regagné son domicile. La maison n’avait pas disparu, mais le couple avait dormi dehors pendant tout un mois tellement l’insécurité était grande.
Des responsabilités à prendre
Le séisme du 14 août, l’assassinat du président Jovenel Moïse font dire à Marie Nikette qu’Haïti a «vraiment touché le fond». «Le pays est en décrépitude. Ce qui est arrivé n’a rien d’un hasard. On a voté pour des gens peu recommandables, qui ne méritaient pas de se retrouver au timon des affaires. Veut-on que ça recommence?»
Elle prend le parti des jeunes Haïtiens «qui ont envie de vivre et qui ont leurs potentialités». «Ils ne peuvent intégrer un centre de formation. Il faut prendre conscience qu’on ne fait que leur donner des armes et une petite bouteille plate (de l’alcool). Qu’est-ce qu’on prépare comme avenir?», se demande celle qui, depuis octobre dernier, est chargée de projet à la Maison des jeunes de Rivière-des-Prairies.

Le séisme a fait des dégâts dans la zone de Sénéac où habitent des proches de Marie Nikette. (Photo gracieuseté)

Elle poursuit en disant que le «sauvetage d’Haïti ne viendra que lorsque
chaque Haïtien choisira de «faire ce qui est bien, suivra la bonne voie». «Il ne faut pas toujours compter sur l’extérieur. On a des mesures et des responsabilités à prendre.»
La dernière fois que Marie Nikette a séjourné en Haïti, c’était en 2018 sous les auspices de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie.
Un curriculum bien garni
Benjamine d’une famille de neuf enfants, Marie Nikette Lorméus a émigré au Québec en 2017 avec son mari et leur fils aujourd’hui âgé de 9 ans.
Ce projet de quitter Haïti pour s’installer au Canada la taraudait depuis plus de cinq ans. Le processus a été long et laborieux. «J’avais un bon job, mais j’avais le feeling que les choses n’allaient pas.»
Elle se souvient de tous ses épisodes de stress, d’anxiété, d’insomnie que provoquaient les frappes de groupes paramilitaires, elle qui a toujours vécu à Port-au-Prince.
En s’installant au Québec, Marie Nikette a tiré un trait sur sa longue et fructueuse carrière en Haïti.
Elle se remémore avec plaisir ses années d’études chez les Filles de Sainte-Marie, la joie de tenir un des rôles principaux dans une pièce de théâtre où elle était la seule élève pas encore en terminale, son plaisir de jouer au volleyball, son enthousiasme à faire partie du mouvement eucharistique des jeunes, sa vie de scoute et de cheftaine.
Inscrite à la faculté de droit, elle y a étudié pendant deux ans tout en travaillant dans une institution financière coopérative. Un examen disparu de la disquette sur laquelle elle avait enregistré son devoir a mis un terme ses études de droit.
Marie Nikette se souvient de tous les projets qui l’habitaient à l’époque. Son occupation à la coop financière la faisait rêver d’une carrière dans une grande banque. Voyant passer des véhicules de l’UNICEF, elle aspirait d’y oeuvrer.
Elle s’est engagée chez Info-femmes, un organisme haïtien de défense des droits des femmes, doté d’un centre de documentation. Là, elle a travaillé comme recherchiste, rédactrice d’un bimensuel et animatrice de l’émission «La voix des femmes». Elle y a tenu le micro jusqu’en 2009.
Oui, malgré tout ce que l’étiquette peut «charrier» comme images, Marie Nikette qualifie de «féministe» son engagement. Elle a d’ailleurs créé la Fondation Toya afin, explique-t-elle, de mettre les filles et les femmes de l’avant, de stimuler leur potentiel, de favoriser leur leadership. Elle en est l’actuelle présidente. «L’histoire des femmes a été occultée», déplore-t-elle.
Le nom de la Fondation, «Toya» (le sobriquet de Victoria Montou) réfère à une héroïne de la liberté haïtienne.
Comme son époux Witchner, Marie Nikette détient un long curriculum tant à la rubrique des études qu’à celle des expériences professionnelles.
Sous la rubrique de la formation, sa feuille de route commence par un diplôme de conseiller principal de jeunesse et d’animation et d’une licence en relations internationales qu’elle a pu décrocher grâce à une bourse lui permettant d’étudier au Bénin pendant cinq ans. Se sont succédé des formations en résolution pacifique de conflits, en genre et développement ainsi qu’en population et développement. Elle détient également une maîtrise en politique de l’enfance et de la jeunesse. Encore récemment, à l’Université du Québec à Montréal, elle se perfectionnait en évaluation de programme projets et services.
Couplées à ses formations, ses expériences de travail lui ont permis d’élargir son champ de compétences.
Après avoir travaillé quelque temps au ministère haïtien de la Jeunesse et des Loisirs, elle a occupé diverses fonctions au Fonds des Nations Unies pour la population (FNUPA). De 2005 à 2010, elle a, entre autres, été chargée du programme pour la santé sexuelle et reproductive des jeunes. Pour le FNUPA, elle a oeuvré à une formation aux droits de la personne pour les policiers haïtiens. «À l’Académie de police, on expliquait comment, par exemple, recevoir les plaintes de femmes victimes de violence.»
Le séisme l’a propulsée vers des fonctions d’analyse, de coordination et de suivi de projets pour le Fonds d’urgence d’OCHA-Haïti (Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies.
L’UNICEF avait appuyé son projet de former une équipe de jeunes aptes à repérer les signes de malnutrition chez les 0-5 ans vivant dans des abris de fortune à Port-au-Prince, ces jeunes pouvant alors dispenser des suppléments alimentaires.
Avant d’émigrer à Montréal, elle a travaillé au PNUD-Haïti (Programme des Nations Unies pour le développement) en tant que coordonnatrice nationale de la participation des femmes et des jeunes, après avoir assumé, notamment, la responsabilité de coordonner et gérer les enquêtes de Registre unique de bénéficiaires.
«Il faut avoir les nerfs solides»
Lorsqu’elle confiait à ses proches son désir de quitter Haïti, on lui disait qu’elle avait beaucoup à perdre, qu’elle devrait tout recommencer.
Ils n’avaient pas tort, reconnaît-elle aujourd’hui. Pour émigrer, il faut avoir
les nerfs solides. En quatre ans, elle n’a pas retrouvé le statut et les ressources dont elle disposait en Haïti. «Je ne peux plus, comme auparavant, venir en aide à mon frère, mes neveux et mes cousins.»
Si elle ne peut soutenir financièrement ses proches en Haïti, elle reste solidaire d’AQANU-Montréal. Michèle Douyon, Haïtienne d’origine, membre de l’AQANU, l’avait invitée, elle et son mari, à participer à l’annuel quillethon, celui de 2017.
Pour Marie Nikette, l’AQANU est un peu comme une «mère», le «premier endroit qui m’a accueillie, qui nous invite à donner ce que nous sommes, un espace où on peut apporter notre grain de sel».
De l’AQANU à laquelle elle a adhéré, Marie Nikette siège maintenant au titre de secrétaire au conseil d’administration de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).
Elle sait de quoi elle parle lorsqu’il est question de l’aide que l’on peut apporter à Haïti à la suite du séisme du 14 août.

Toujours dans la zone de Sénéac (Photo gracieuseté)

«Si on veut être significatifs, il faut soutenir des organismes qui étaient déjà
présents en Haïti avant le séisme et qui ont des effets concrets et réels sur le terrain.»
Après le séisme de janvier 2010, beaucoup d’organismes «venus de nulle part», n’ayant aucun bureau local, sont nés… et disparus tout aussi spontanément, déplore-t-elle.
Hélène Ruel

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Christiane Bruyère, éducatrice sans frontières

Ce texte est tiré du Cyber-bulletin 11.5 de l’AQANU

Christiane Bruyère (Photo Émilie Tremblay-Bruyère)

Avec de «petits moyens, on peut faire de grandes choses», croit Christiane Bruyère, parlant des actions de l’AQANU. Elle laisse entendre que pour cultiver des projets en coopération internationale, il vaut mieux procurer un petit peu d’eau à la fois plutôt que d’en déverser une grande quantité qui ne fera probablement que ruisseler à la surface. «Avec l’AQANU, on fait des petits pas et on laisse les partenaires responsables de la réalisation des projets.»

Originaire de Québec où elle réside toujours, Christiane Bruyère fait pourtant partie de l’AQANU-Granby. Cela parce qu’un jour, au temps où elle vivait et travaillait en Haïti, elle a accueilli le coopérant volontaire Clément Roy, aujourd’hui président d’AQANU-Granby.

Depuis un peu plus d’un an, elle fait partie du comité d’analyse des projets de l’AQANU, en compagnie de Germain Touchette, de Reginald Sorel et du nouveau venu Luc Allaire.

Un parcours diversifié

Éducatrice de formation, elle a œuvré auprès de diverses clientèles d’élèves ayant des difficultés d’intégration, devant se déplacer à de nombreuses reprises en raison des changements dans les écoles, ces changements étant occasionnés par la métamorphose du quartier Saint-Jean-Baptiste. C’était à l’époque de la construction des édifices gouvernementaux et des bretelles de grands boulevards.

Elle a officiellement pris sa retraite en 2006 alors qu’à partir de 1982, elle avait occupé des fonctions d’adjointe et de directrice d’école de trois établissements de la Commission scolaire de Beauport.

Pour appuyer sa collègue Michelle Ladouceur, directrice de l’école Saint-Dominique à Lévis, Christiane Bruyère reprend le collier, à temps partiel, afin de s’occuper de la vie étudiante.

Haïti dans le viseur

C’est dans ce contexte, par Mme Ladouceur dont le fils était coopérant en Haïti, par l’organisation de la finale régionale de la Dictée PGL et par l’accueil d’une délégation d’Haïtiens que Christiane Bruyère donne, en quelque sorte un nouveau tournant à sa vie professionnelle.

Elle retrouve dans ses papiers, un vieux document sur la Fondation Paul-Gérin-Lajoie (PGL). Ces papiers l’incitent à consulter le site Internet de la Fondation pour y apprendre qu’un poste est ouvert en Haïti. «Nous sommes en octobre et la date de tombée est en septembre.»

Qu’à cela ne tienne, elle se soumettra à l’entrevue non sans s’être questionnée sur ses capacités. Pourrais-je vivre à la chaleur? Quel regard posera-t-on sur moi qui suis blanche?

Comme pour explorer le terrain, elle s’était rendue en Haïti avec Mme Ladouceur pour un premier séjour de trois semaines.

À partir de 2012 jusqu’en novembre 2016, dans le cadre du Programme de coopération volontaire (PCV), toujours pour la Fondation PGL, Christiane Bruyère vit et travaille en Haïti. Elle a, entre autres, la tâche de voir comment peut s’appliquer le programme de scolarisation aux élèves «surâgés», ceux de plus de 9 et 10 ans.

Photo prise à Trouin en Haïti. Christiane Bruyère figure avec des membres du personnel enseignant de l’École presbytérale Sainte-Anne. (Photo gracieuseté)

Ses fonctions seront modifiées à la suite de la restructuration du PCV en 2015. Au lieu d’assumer la responsabilité du volet éducation du PCV, elle détiendra celle d’accueillir, à Port-au-Prince, tous les coopérants volontaires des organisations non gouvernementales : de la FPGL, du CECI, de SACO et de l’EUMC. Respectivement, ces organisations s’affairent au développement en éducation, en gouvernance, en économie et en formation technique et professionnelle.

Par ses nouvelles fonctions, elle a notamment fait la connaissance de Clément Roy et de Réginald Sorel, tous deux coopérants volontaires.

Jusqu’à son départ d’Haïti, elle siégeait à la Table de concertation de la Commission Éducation du CLIO (Cadre de liaison Inter ONG), créée en 2005 et regroupant aujourd’hui une cinquantaine d’organisations haïtiennes et étrangères. Et c’est à cette époque, à titre de membre du Groupe stratégique de la Commission qu’elle avait signé le Pacte national pour une éducation de qualité mis de l’avant par le ministre Nesmy Manigat.

Elle a quitté Haïti à la fin du PCV en novembre 2016. Elle dit que, de façon générale, ce programme a eu de bons effets, mais qu’«on a trop longtemps travaillé en silos». Elle dit aussi qu’il faut se rappeler que les premiers coopérants ont été les communautés religieuses et que, se professionnalisant, la coopération a fini par «coûter plus cher en logement et en transport»!

L’éducatrice sans frontières s’est fait un devoir d’apprendre le créole; elle en fait une question de respect. Elle aurait souhaité retrouver les femmes haïtiennes que le PCV a aidées. Elle fait allusion entre autres à cette dame des Gonaïves qui, ayant créé une école privée primaire et secondaire, souhaiterait aujourd’hui implanter un «cégep».

Si les pays veulent aider Haïti, le meilleur moyen serait celui de favoriser la formation de ses jeunes sur place, dans leur pays, croit Christiane. «Les Haïtiens qui étudient ici la médecine en apprendront beaucoup sur le diabète, mais pas sur la malaria; ils ne seront pas formés aux réalités de leur pays.»

Conseillère à l’exécutif des Éducateurs sans frontières et membre du comité de communications, elle nourrit l’espoir que la population haïtienne finisse par «se solidariser et résister à ce qui se passe. J’espère seulement que ça ne va pas être trop violent».

Elle poursuit en disant qu’en cette période d’attentats, d’assassinats de manifestations en Haïti, «ça n’inspire pas d’y aller». Mais puisque, aujourd’hui, on ne peut plus se déplacer, cela force les partenaires locaux à se débrouiller, constate-t-elle.

Malgré le contexte difficile limitant les déplacements, Christiane Bruyère poursuit son engagement à la Fondation PGL, des formations à distance pouvant être offertes… lorsque la technologie haïtienne le permet.

Hélène Ruel

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Luc Allaire branché sur le monde

Cet article est tiré du Cyber-bulletin 11.6 de l’AQANU

Luc Allaire (Photo gracieuseté)

Luc Allaire ne s’est pas fait prier pour devenir membre de l’AQANU dont il dit qu’elle possède une «belle expérience de terrain». Même qu’il a accepté d’emblée de faire partie de son comité d’analyse des projets en compagnie de Germain Touchette, de Christiane Bruyère et de Réginald Sorel.

Depuis 32 ans, Luc Allaire travaille à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), y ayant occupé diverses fonctions. Actuellement, et cela depuis six ans, il assume la responsabilité des relations internationales pour la Centrale.

La pandémie de COVID-19 l’a en quelque sorte cloué devant son écran lui qui avait l’habitude de vivre pour ainsi dire dans ses valises.

Il connaît Réginald parce que ce dernier a présidé la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep, affiliée à la CSQ.

Il a suivi avec intérêt le projet de construction de l’École de formation professionnelle Mark Gallagher, dossier qu’a porté Réginald pour l’AQANU. «En Haïti, la formation professionnelle est l’enfant pauvre du système de l’éducation. Elle répond pourtant aux besoins en main-d’œuvre pour les secteurs de la santé et de l’agriculture.»

Terreur en Haïti

C’est d’ailleurs en compagnie de Réginald que Luc a vécu sa dernière mission dans la capitale haïtienne pour le suivi de deux projets financés par la CSQ et l’Internationale de l’Éducation (IE), un pour l’installation d’une bibliothèque, l’autre pour le suivi d’un programme de formation des maîtres. C’était en février 2019.

Luc Allaire et Réginald Sorel entourent le regretté Roland Mathieu qui était responsable des projets de formation des maîtres et d’édification d’une bibliothèque municipale à Port-au-Prince. (Photo gracieuseté)

La COVID-19 qui a emporté le responsable haïtien des deux projets (Roland Matthieu) ainsi que le climat sociopolitique prévalant en Haïti ont forcé l’arrêt du programme de formation pourtant bien amorcé avec deux cohortes d’une centaine d’enseignantes et d’enseignants, déplore Luc. «La majorité de ces enseignants ne possèdent pas de formation universitaire; c’est l’objectif que l’on poursuivait.»

On peut comprendre, dit-il, qu’avec le risque d’assister – ou d’en être victime – d’une tuerie dans sa rue, il soit difficile de sortir.

«C’est périlleux pour les hommes, encore plus pour les femmes qui risquent d’être kidnappées et violées.» Les violences menacent aussi l’économie informelle, largement soutenue par les petites commerçantes. «Elles doivent sortir tous les jours pour vendre leurs produits», précise-t-il.

Depuis février 2020, poursuit Luc, Haïti est en train de vivre une nouvelle dictature. La terreur règne avec la présence d’une centaine de gangs actifs à Port-au-Prince, lesquels s’en prennent même à la police. «C’est dramatique et encore plus chaotique qu’au temps de Duvalier.»

Les médias québécois parlent moins d’Haïti que du Myanmar, se désole-t-il, soulignant que la CSQ est l’une des signataires d’un plaidoyer réclamant du gouvernement du Canada qu’il cesse de soutenir le gouvernement de Jovenel Moïse.

Ces jours-ci, Luc devait participer à une rencontre, virtuelle évidemment, convoquée par l’Internationale de l’Éducation (IE) afin de se demander ce qu’elle peut faire en Haïti.

Luc et Réginald ainsi que des représentants de syndicats haïtiens d’enseignement. (Photo gracieuseté

Malgré le sombre portrait qu’il trace du climat haïtien, «il faut garder espoir», affirme-t-il. «Les Haïtiens sont tellement forts, résilients et motivés!»

La force des consortiums

Et puis, comme toute sa carrière le lui a enseigné, il croit à la force du partage, de la coopération, des consortiums à créer avec d’autres organisations, pour la réunion des ressources et des expertises.

«L’ACDI (Agence canadienne de développement international) étant disparue, il y a moins d’argent disponible pour les projets. Reste que maintenant, au lieu de répondre aux priorités du gouvernement canadien, ce sont les projets priorisés par les milieux qui peuvent se développer.»

Né et toujours résidant à Montréal, Luc s’est d’abord destiné au journalisme, ayant obtenu un baccalauréat en sociologie et sciences économiques ainsi qu’une maîtrise en communications à l’Université de Montréal.

Du journalisme à l’action sociopolitique

En 1980, il entreprenait sa carrière en information, d’abord à la radio de CIBL, puis comme journaliste pigiste.

Le 31 octobre 1989, il devenait rédacteur en chef des publications des Nouvelles CSQ et d’Options, cette dernière étant une revue de quelque 200 pages s’attardant aux recherches en éducation.

Faisant sienne la fameuse citation «le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir», Luc délaissait le secteur des communications de la CSQ en 2008 pour devenir conseiller à la formation professionnelle et technique, d’éducation des adultes, d’alphabétisation, de petite enfance. Cinq ans plus tard, il devenait conseiller à l’action sociopolitique.

Et avant d’assumer la responsabilité des relations internationales de la CSQ, il devenait, en 2014, secrétaire général du Comité syndical francophone de l’éducation et de la formation, lequel est reconnu par l’Organisation internationale de la Francophonie.

Luc parle de son boulot comme d’un travail de représentation, de plaidoyer, de solidarité. Et les enjeux sont multiples, touchant non seulement le secteur de l’éducation et de la santé (la qualité et le financement des services), mais aussi la démocratie, les changements climatiques.

Il regrette de ne pouvoir retourner dans ces pays où, en République démocratique du Congo par exemple, on a instauré des «cercles d’études» qui favorisent les échanges entre profs, plus encore le «dialogue social», précise Luc. On y a discuté des façons de «mécaniser» le dépôt de la paie, de la possibilité d’opter pour un horaire de cours étalé sur cinq jours consécutifs.

La dernière fois qu’il s’y est rendu, une enseignante congolaise lui confiait que le cercle d’études avait constitué pour elle la toute première occasion de prendre la parole!

«Il est plus difficile de connaître et d’apprécier ce qui se fait lorsqu’on ne peut aller sur le terrain», observe Luc… ne délaissant toutefois pas sa connexion solidaire sur le monde.

Hélène Ruel

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